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dimanche 10 juillet 2011

NOUVELLE: UN PERE MODELE...DE YEHNI DJIDJI


Stéphane, comme  beaucoup d'hommes, trouve sa femme capricieuse. Elle  n'est  jamais contente, toujours entrain de se plaindre, osant même remettre en question son degré d'implication dans l'éducation des enfants. Il décide donc de lui monter de quoi il est capable....

Qu’on le traitait de mari négligeant passait encore. Caprices de femmes. Elles voulaient le beurre, l’argent du beurre, la vache et le fermier en même temps.
Imaginez un peu ! Deux ans après avoir épousé Augustine, Stéphane avait été licencié. Au bout de quelques mois de recherches infructueuses les encouragements s’étaient mués  en reproches, puis en ultimatum. Heureusement,  il avait trouvé un nouvel emploi.

Les oiseaux de l’amour gazouillaient de nouveaux dans leur demeure.
Tout allait bien, jusqu’à ce que sa femme se rende compte qu’il devait souvent effectuer des voyages et rentrer tard du bureau. Et rebelote !

Il avait fait la sourde oreille à ses lamentations. Rusée, elle avait sorti le grand jeu et mis les enfants en avant. Quel coup bas!
« Tu manques à tes enfants ! Tu ne les vois pas grandir ! »
Comme si Marlène, 6 ans et Nathan, 5 ans, comprenaient quelque chose à la vie. Avec un bol de céréales et devant une émission de Tiji, le monde pouvait s’effondrer qu’ils ne s’en rendraient même pas compte.

Lui, un mauvais père ? Inconcevable !
Il avait décidé de prendre spécialement soin de ses bouts de chou à chaque fois qu’il serait à la maison.
***
A peine rentré de voyage,  il positionne l’alarme de sa montre à 5 heures avant d’aller se coucher. Pour ne pas réveiller son épouse, il met ses écouteurs.
5heures, réveil brutal. Il gagne la chambre de ses enfants en silence. Ils le regardent étonnés.

« Chut. C’est une surprise, il ne faut pas réveiller maman. »
Il les lave, les bichonne, prépare le déjeuner, les aide à enfiler leur uniforme scolaire, les faits manger et ouvre lentement la porte du salon. Le ciel est d’un noir d'ébène. Quelques rares étoiles, sont là, sans doute contraintes, puisqu’elles ne brillent même pas.
« Il fait nuit papa », fait remarquer Nathan.
« Je sais, chéri.»

Il se rend compte qu’il a oublié  de remettre sa montre à l’heure à cause du décalage horaire. Pas facile d’être un père modèle. Il allume la télévision et les met devant un programme pour enfant, le son baissé au maximum, avec interdiction de rire et de parler. La montre est remise à l’heure. Le jour se lève peu à peu. 7 heures, enfin. Il s’élance sur  les routes avec ses deux passagers. Son téléphone sonne. C’est sa femme, affolée.
-Allô ? Tu es sorti avec les enfants ?
-Oui, oui ! Ils sont avec moi pas la peine de t’inquiéter. Je me suis occupé d’eux. Je les dépose à l’école.
On sent la fierté de Stéphane dans sa voix. Si sa femme trouve encore à redire, il jette l’éponge.
-Hum ! Reviens à la maison ! On est Mercredi aujourd’hui !

YEHNI DJIDJI

samedi 9 juillet 2011

ENTRETIEN AVEC...CEDRIC MARSHALL KISSY

La lecture, lorsqu’on y prend goût, nous forme et nous informe. Que ceux qui en ont horreur se ressaisissent. Il n’est pas tard pour bien faire.


1-Qui est Cédric Marshall KISSY ?

Je suis étudiant ès licence de lettres à l’université d’Abidjan-Cocody. Je réside à Cocody, à la cité des arts quand bien même il m’arrive parfois d’être en famille à Bonoua, ville dont je suis d’ailleurs originaire. Je suis issu d’une famille de 5 enfants dont je suis le 2e enfant et le seul fils (J’ai 4 sœurs, Evelyne, Liliane, Laetitia et Alexandra, que je salue au passage).

2-Tu as été lauréat du concours manuscrit d’or 2009. Les promesses faites ont-elles été tenues?

Les promesses ? (Rires). J’ai reçu mes lots tels que indiqués. Seulement, il est un bémol, un hic qui « gâche » la fête. Il s’agit de la publication du recueil collectif censé regrouper tous les textes primés. Cela aurait certainement permis de découvrir l’œuvre des nombreux autres lauréats. J’ignore les raisons qui ont entraîné cela, à moins que la situation politique du pays y soit pour quelque chose. Je ne vais donc pas en vouloir à l’éditeur, tout en espérant que le recueil soit publié dans la mesure du possible.

3-Quels sont les lots que tu as remportés ?

Avec le 1er prix, j’ai reçu :
- Un « Netbook » (Sorte d’ordinateur, vraiment lilliputien)
- Un téléphone fixe (dont je devais moi-même payer les factures « RIRES)
- Une connexion ADSL (3 mois de connexion gratuite)
- Quelques gadgets (T-shirt, stylo…)
- Des livres
- Une prise en charge pour une formation en BTS (Que je n’ai moi-même pas retiré « RIRES »)
- Inscription au centre culturel allemand pour un an je crois bien !


4-Quel a été l’impact de ce concours sur ta vie et particulièrement sur ta carrière ?

Pour la petite histoire, je me suis mis à écrire des poèmes après avoir lu le texte « Retour » (in La ronde des jours) de Bernard Dadié. Mais pour être franc, je n’écrivais que pour me faire plaisir. Le jour où j’ai eu la grâce divine d’être sacré « Manuscrit d’or » (1er prix en poésie) alors que je n’avais pas pu soumettre mon texte à correction auprès d’un éventuel aîné ou correcteur – c’est-à-dire avant de le déposer – j’ai compris que mon travail était loin d’être de la fumisterie. J’ai alors davantage pris au sérieux mes productions.

5-Que recherches-tu dans l'écriture?

Avec l’écriture, je veux surtout rencontrer des personnalités, du monde littéraire notamment. Et essayer d’inscrire mon nom dans le fleuron de la littérature ivoirienne. Cette tâche, cette quête, je le sais, ne sera pas une sinécure, j’en suis conscient. Mais « qui veut peut » !

6-Combien d’œuvres as-tu déjà publiée ? Et dans quelles maisons d’éditions ?

A ce jour, j’ai publié deux (2) recueils de poésie, qui sont
- Ciel d’Amour, terre de haine (à Edilivre, en France)
- Tréfonds de cœurs de pierre (aux Editions Harmattan, Paris, France).

7-Pourquoi avoir publié tes livres à l’étranger ? Est-ce lié à des difficultés rencontrées au niveau des éditeurs ivoiriens ?

Très belle question, d’une pertinence viscérale dirais-je ! Si toutes mes publications à l’heure actuelle ont été faites à l’extérieur, en France précisément, ce n’est pas par complaisance. Tant s’en faut ! Au contraire, comme votre question le laisse entendre, cela s’explique par un certain nombre de difficultés réelles. Les Editeurs ivoiriens mettent un peu trop de temps sur les manuscrits que nous leur proposons. A titre d’exemple, j’ai proposé un manuscrit à un Éditeur dont je tairai le nom pour éviter toute polémique, mais après 1 ans 3 mois, je n’ai encore reçu aucun signal. C’est désolant ! C’est fâcheux ! C’est triste. Un Éditeur sérieux, selon moi, ne devrait pas mettre plus de 4 mois à étudier un manuscrit. C’est de la négligence outrée !

8-Quelles sont les démarches que tu as effectuées avant d'être accepté chez Edilivre et à l’harmattan?

Les démarches sont quasiment les mêmes, sauf que des deux, l’Harmattan, c’est avant tout un Éditeur mondialement connu. Il s’agit de préparer son manuscrit, en évitant au maximum les fautes, (c’est très important de proposer un projet propre, impeccable). Après l’avoir imprimé et relié, il n’y a plus qu’à l’expédier à l’adresse de l’Editeur souhaité, sans oublier de marquer ses nom et prénom, ses coordonnées (Adresse postale, ville, pays). Après 2 mois en moyenne, l’auteur reçoit par voie postale, le verdict du comité de lecture. Il ne faut pas perdre de vue que le plus clair des grands Editeurs ne publie pas de poésie (Ex : le Seuil). Alors, il serait intéressant de vérifier Ce que j’apprécie chez les Editeurs de l’étranger, c’est que la personne de l’auteur ne leur importe peu (élève ? étudiant ? travailleur ? …) Ils s’en tamponnent le coquillard (s’en foutent). Ils ne se fient qu’aux écrits proposés lors de l’évaluation. Du coup, chacun a sa chance, pourvu que le travail proposé soit sérieux, et non de la fumisterie.

9-Pourquoi avoir choisi le genre poétique pour t’exprimer ?

J’ai surtout opté pour la poésie pour son sens de la sensibilité et pour les jeux de mots et autres transpositions de sens qu’elle permet. J’adore cette particularité qu’elle offre. Mais j’aimerais signifier que je ne me limite pas qu’à la poésie – mon genre préférentiel –. J’ai produit des romans et des recueils de nouvelles qui paraîtront le moment venu.

10-On dit que les ivoiriens n’aiment plus lire. Quel est ton point de vue à ce sujet ?

C’est une réalité - une bien triste réalité-. Je me dis qu’au fond, ceux qui abhorrent la lecture, et les livres par ricochet, ignorent totalement ce que l’on peut en tirer. Il faut faire face, aujourd’hui, à l’évolution. Tu as beau être le plus grand mathématicien de la Côte d’Ivoire, tu ne t’exprimeras oncques avec des « a+b=c » ou des 2x2 et j’en passe. Un médecin à son tour ne parlera pas d’Alzheimer, de schizophrénie (maladies) ou toute autre chose de ce genre, pendant qu’il sera avec un groupe d’amis ou d’illustres personnalités. J’éviterais de parler de l’économiste et tous ses termes sui generis (spécifiques), de peur d’être long. Tout ce babil, simplement pour dire que la lecture ; lorsqu’on y prend goût, nous forme et nous informe. Que ceux qui en ont horreur se ressaisissent. Il n’est pas tard pour bien faire.

11-Peut-on trouver tes livres dans les librairies ivoiriennes ? Comment peut-on se les procurer ?

Pour ce qui est des livres, le premier n’est disponible que sur commande (sur www.edilivre.com) Quand au second livre « Tréfonds de cœurs de pierre », il sera bientôt accessible à la librairie des Editions l’Harmattan situé à Cocody, vers l’Ecole Nationale de Gendarmerie. Le retard accusé est dû à la crise que nous avons tous endurée. Je profite de cette parenthèse pour inviter tous les ivoiriens à plus de discernement à l’avenir pour obvier à un pareil drame, un tel carnage, une telle hécatombe.
12-Le langage dans lequel tu t’exprimes est plus qu’étonnant pour un jeune ivoirien, parles-tu de temps en temps le nouchi ? (Rires) Qu’est-ce que tu penses de cet argot ?
Waouh ! Quel honneur… Merci ! J’essaie au mieux de peaufiner mon expression. L’écriture l’exige, je crois. Même si en même temps, j’évite autant que faire se peut d’être hermétique, d’être incompréhensible. Pour revenir à la question, je concède ; j’avoue qu’il est rarissime de m’entendre parler « nouchi ». Une anecdote à ce propos, lorsque je suis avec mes amis, notamment sur la fac, lorsque je sors un mot nouchi, ça crée un « tollé », un petit soulèvement (Rires). Je crois que cela est dû au milieu dans lequel j’ai grandi. Je n’étais pas souvent en contact avec les jeunes de l’extérieur, excepté à m’école. Je suis un casanier en général, c'est-à-dire quelqu’un qui aime rester chez soi. L’habitude m’est restée. S’agissant de cet argot, je pense que c’est une bonne chose, car relevant du « made in Cote d’Ivoire ». Il existe même un roman écrit dans ce dialecte. Seulement, les ivoiriens, surtout les jeunes, doivent apprendre à faire la part des choses. A chaque milieu son langage. C’est déplorable que des élèves s’expriment en nouchi pendant les cours. C’est cela, le nœud, l’écueil, le problème que je fustigerais.


13-Un conseil aux jeunes ivoiriens qui veulent se lancer dans l'écriture?

Je dirais dans un premier temps, à ceux qui le pensent à tort, que l’écriture est loin d’être l’apanage des littéraires. Moult scientifiques sont aujourd’hui de brillants écrivains. Deusio, à ceux qui souhaitent s’aventurer dans l’écriture, je dirais que tout est une question de volonté. Il faut vouloir avant tout. Et il est bon de lire d’autres auteurs afin d’éventuellement s’en inspirer pour donner une certaine orientation à ses idées, à ses productions.
Je reste disponible pour tous ceux qui auraient des préoccupations sur quelque question que ce soit. usmarshallone@yahoo.fr

14-Merci pour ta disponibilité !

Interview réalisée par Yehni Djidji

vendredi 8 juillet 2011

A QUEL JEU JOUE LA CIE?

Anciens modèles de factures!
Vraiment, il ne fait pas bon être dans un pays pauvre très endetté, où une entreprise a le monopole dans un secteur et où les associations de consommateurs n'existent que de nom!

Alors que les familles ont encore du mal à retrouver leurs repères, avec les licenciements multiples et le coût de la vie qui fait des bonds désordonnés en avant, la CIE, Compagnie sans doute extra-terrestre qui n'est pas au fait de ce qui se passe se permet, sur la base de calculs, connus d'elle seule, de faire tripler, voire quadrupler le montant des factures.Oubliant que le pays entier a été sujet à des coupures d'électricités intempestives


"C'est vrai que je n'habite pas loin de cette société, mais ce n'est pas chez moi qu'IVOSEP a congelé les cadavres pendant la crise pour que ma facture atteigne ce montant" disait un homme en colère.

Lorsque vous avez l'audace d'aller vous plaindre, en vociférant un peu, on vous donne la facture normale. 
Mais bien entendu, nombreux sont ceux qui vont payer docilement en disant: "on va faire comment?", ou tout simplement parce qu'ils ont les moyens.

En ex zones assiégées, les factures n'ont pas été payées pendant des années sans que personnes ne s'en offusque! Aujourd'hui encore dans certaines zones d'Abobo, les factures ne sont pas distribuées! Si annuler les factures de quatre petits mois de crises sont impensables, et la chagrine autant, que la CIE donne au moins les vrais montants!
C'est mal la connaître. Elle veut faire payer le prix fort à ceux qui ont eu le malheur d'être toujours en vie! Certaines familles qui étaient hors de la Côte d'Ivoire pendant les troubles, ont quand même reçu ce genre de facture! Qui a utilisé l'électricité en leur absence? Et surtout qui doit régler la facture?
Le comble, c'est qu'on demande de payer une redevance à la RTI qui a cessé d'émettre depuis plusieurs mois! Foutaise ou arrogance monopolistique?
La SODECI, compagnie siamoise n'a pourtant pas connu ce genre d'excès. Le vol est moins criard. Mais tout le monde sait que la tarification de l'eau a toujours été inférieure à celle du courant. Et puis, quand vous passez trois mois à aller chercher de l'eau à l'autre bout de la ville, et que votre facture arrive, quelque soit le montant, vous êtes en colère vu que vous n'avez pas utilisé l'eau provenant du robinet.
Qui nous sauvera de la main de la CIE? A quand une libéralisation de ce secteur?

NOUVELLE: MONSIEUR A...DE AYYAHH

 Pourquoi est-ce que l'Homme, est attiré par tout ce qui lui est ou lui semble interdit, dangereux? Faut-il renoncer à une relation amoureuse avec une personne parce que tout le monde, même ses plus proches amis, nous dit qu'elle n'est pas sérieuse? Ou doit-on soit même faire nos propres expériences? 
"Seuls les imbéciles ne changent pas!" dit l'adage. L'être aimé a peut-être changé. Doit-on lui accorder le bénéfice du doute?

Merci à Ayyaah pour sa contribution. Avec "Monsieur A", elle nous immerge dans la fascination dangereuse d'une jeune fille, bien sous tout rapport, pour un homme que tout lui interdit.



- Qu’est-ce que je fais de toi, je te prends ou je te jette ?
Je n’en croyais pas mes oreilles, c’était quoi cette question ? Fallait-il vraiment une réponse ? Pour qui se prenait-il ? Je devais vraiment paraître pathétique ou désespérée pour qu’il me parle ainsi. Pourtant, je ne sais plus très bien ce que j’ai répondu et nous avons continué à nous voir.
J’avais rencontré Monsieur A. dans le bureau de Benoit un ami à moi. Il était politologue et travaillait pour un projet environnemental. Il avait la peau mate et les cheveux bouclés à cause de sa mère africaine; il était grand, très soigné et très propre sur lui, toujours habillé avec élégance. Il était beau avec des yeux rieurs et un sourire timide qui me faisait fondre. Monsieur A. était aisé et jouissait d’un certain statut social, il était reconnu comme expert en géopolitique et était chroniqueur dans un grand journal de la place. Il était très cultivé et aimait la photographie. Il me donnait l’impression de toujours savoir ce qu’il faisait, de tout maitriser, de toujours avoir un projet en tête. La première fois que j’avais été chez lui, j’avais pu remarquer l’ordre quasi militaire qui y régnait. C’était à la fois rassurant et inquiétant. Il me parlait de lui, de son enfance de sa famille, des pays qu’il avait visités, des personnes extraordinaires qu’il avait rencontrées et des femmes qu’il avait connu.

A 43ans, Monsieur A ne croyait pas au mariage et ne voulait pas d’enfants ; il était pour la diversité, se disait libertin et l’assumait. Je me suis souvent demandé ce que je faisais avec lui, nous étions si différents l’un de l’autre.
Moi, discrète et effacée, je n’avais jamais quitté le pays, je me contentais de faire les choses comme il fallait sans prendre de risques inutiles et de vivre la vie comme elle venait. À 30ans j’étais croyante et je faisais confiance à Dieu pour m’accorder en temps voulu les désirs de mon cœur. J’avais vécu une vie plus que rangée : pas d’excès, pas d’alcool et pas de sexe avant le mariage. Naïve, célibataire et vierge, je voulais continuer à le voir. Lui se moquait de ma foi, disait que je faisais fausse route à ne pas profiter de ma vie et à attendre une hypothétique intervention d’un Dieu invisible. Il glorifiait son athéisme. Pourtant il ne faisait rien pour m’influencer ou me pousser à abandonner ma foi, il n’avait rien promis et rien exigé. Il tenait à sa liberté et veillait à ce que ce soit clair. Mais je voulais plus ; il avait quelque chose d’interdit qui m’attirait, son mode de vie, son âge, ses expériences de la vie représentaient une certaine sécurité à mes yeux. Comme un phalène, je me sentais inexorablement attirée par la flamme qui ferait mon malheur.
Benoit me mit en garde ; Monsieur A. était un chasseur, il aimait les femmes, s’en servait et s’en débarrassait ensuite ‘‘comme de vieilles chaussettes’’, non sans avoir pris une photo de nue de ses conquêtes pour sa collection. C’était son rituel pour finaliser une aventure, ensuite il disparaissait. Ce n’était pas quelqu’un pour moi et Benoit craignait qu’on ne me ramasse à la petite cuillère quand il s’en irait. Mais toutes ses mises en garde arrivèrent trop tard, je l’avais déjà dans la peau. Je savais bien que Benoit avait raison, mais je le voulais et je voulais qu’il me voie différemment des autres, alors j’ai décidé de prendre des distances pour me donner une autre chance, je l’évitais. Ma stratégie était simple : le perdre maintenant pour mieux le retrouver plus tard.

Il n’y avait rien eu entre Monsieur A. et moi. Il disait respecter mes convictions et je comptais sur cet atout pour donner une autre direction à cette relation. J’ai commencé à suivre les infos de façon régulière pour rester informée, je me suis mise à la lecture et à l’écriture, j’ai acheté un appareil photo et commencé des cours de musique. Je voulais lui prouver que j’étais plus qu’une simple proie écervelée et que je pouvais être une vraie partenaire de vie. Mais entretemps, Monsieur A. avait disparu. Benoit m’apprit qu’il avait eu la gestion d’un vaste projet de crédits carbone en Afrique et qu’il était parti.
Je me mis à vivre dans le souvenir des moments passés ensemble, à arpenter les rues aux alentours de son appartement et les rares cafés où nous avions été. J’avais bien essayé de le contacter mais sans suite. Toutes mes pensées allaient vers lui, il visitait tous mes rêves, je le voyais dans chaque roman que je lisais, je devinais ses opinions sur tel ou tel sujet politique. Je me perdais en lui et je ne voulais pas m’en sortir. J’aimais cette maladie qu’il était devenu et cet état dépressif dans lequel j’étais plongée.
J’avais du mal à m’accrocher à ma foi, je me sentais abandonnée ; si j’avais été mariée, si j’avais quelqu’un je n’aurais pas été dans cet état, je n’aurais pas eu de pensées honteuse seule dans mon lit tard la nuit, je ne me serais pas sentie coupable après le vol de plaisirs solitaires inavoués. Dieu m’avait abandonné en ne me donnant pas un homme comme à toutes mes amies. Je lui avais donné ma vie des années plutôt et il n’en avait rien fait, alors je la lui reprenais. J’ai commencé à sortir la nuit, à boire et à fumer, à m’habiller pour attirer les regards, à passer de piste de danses à partenaires, à voler de bras en bras, de lit en lit.
Mais je continuais à lire, à me cultiver, à visiter les musées, à faire de la photo. Le jour ma vie était remplie et la nuit j’essayais de rattraper le temps perdu à vivre comme une Hermite. Pourtant je n’arrivais pas à oublier complètement Monsieur A. Un rien me ramenait à lui, un sourire, une voix, un parfum. À lui je comparais mes prétendants et je ne m’engageais pas, je n’étais pas guérie.
Un soir, deux années plus tard, à la sortie d’un concert je tombai sur Monsieur A. Il avait perdu du poids et s’était coupé les cheveux. Mais il n’avait pas perdu son sourire. Nous nous sommes revu dans un café le lendemain après-midi et j’étais fière de moi. J’avais de l’assurance, de la conversation, je savais des choses et je lisais de l’admiration dans ses yeux. Mes efforts intellectuels n’avaient pas été vains, j’étais récompensée.
La lumière du flash m’éblouit. Sur l’écran numérique qu’il me présente je regarde la dernière prise. Je me trouve belle, là, nue dans ses draps, je souris. A. aussi trouve la photo réussie. Il a l’air satisfait. Il m’embrasse. Je ferme les yeux. Je pense à Benoit.

AYYAAH

jeudi 7 juillet 2011

RENTREE LITTERAIRE NEI-CEDA

Quelqu’un me disait que les évènements littéraires ne drainent pas de monde parce qu’ils sont ennuyeux. Oui, peut-être ! Les allocutions sont interminables et le maître de cérémonie fait souvent des blagues d’intellos qui ne font rire que lui et une poignée d’initiés. Voilà pourquoi les organisateurs font de plus en plus d’effort pour attirer captiver et mériter l’attention du public. Ceux qui sont venus à la rentrée littéraire de NEI/CEDA, le 06 Juillet 2011 à 15 heures à la salle Félix Houphouet Boigny du district d’Abidjan , bravant les embouteillages monstrueux, n’ont pas été déçu. Les blagues du maître de cérémonie ont été appréciées et je ne crois pas faire partie des initiés.

Il est vrai que certaines allocutions se sont étirées en longueur, me faisant même bailler parfois, mais cela dénotait juste de la passion avec laquelle l’orateur parlait de son travail, de ma fatigue et de la faim qui me talonnait l’estomac.

Chaque auteur a fait un résumé de son livre, a relevé les thèmes majeurs qu’il y développe et ses motivations. Cela m’a fait penser à une campagne électorale. Tout le monde ne pouvait pas s’offrir les huit bouquins alors, il fallait être le plus convaincant possible afin d'être le premier choix.

Huit œuvres ont donc été présentées : trois dans la catégorie ADORAS ( La flèche de Cupidon de Maud Lafourtière, Je l’aime…pas nous de Luisano N’dohou, Séduction à la Mandingue de Fatym Kaba), une pour la jeunesse (La potion magique de Inna Hampâté Bâ), une dans la collection Plaisir de Lire (Cri de douleur de Claire Porquet),  un recueil de poème (Rayon de soleil de Nestor Dakhaud) et deux hors collection (Mon singe à le vertige de Innocent Bomo et enfin,  de l’épargne à la création d’entreprise : des astuces pour apprivoiser l’argent de Maurice D. Koué.

Nous avons eu droit à deux intermèdes. Le premier était un témoignage vraiment édifiant de Monsieur Diomandé Mélaman sur la pouvoir de la lecture. Cet homme qui a arrêté ses études en classe de troisième est devenu chauffeur de transport en commun, puis chauffeur dans un ministère. Il a pu maintenir un bon niveau d’expression grâce à son amour pour les livres. Il a obtenu son bac en 2005, après avoir arrêté les études en 1984. Il prépare actuellement une maîtrise en Anglais à l’Université de Cocody et c’est tout le mal qu’on lui souhaite.

Le second était une pièce de théâtre des élèves de l’école Alfred Nobel, tirée de l’œuvre de Mme Claire Porquet : Cri de douleur.

Monsieur Guy Lamblin, Directeur Général de NEI et le représentant du Ministre de la culture et de la francophonie, Monsieur Bandama, parrain de la cérémonie, ont dit quelques mots avant l'ouverture de la séance de dédicace.


 Monsieur Venance Kakou, PCA de CEDA, M. Fouah Ernest, Président de l'Association des écrivains de Côte d'Ivoire et Isabelle Kassi Fofona, Présidente de l'Association Akwaba Culture, ont rehaussé cette cérémonie de leur présence.

A la fin un petit cocktail a été servi. Occupée à jouer des coudes dans la foule qui s’était amasser autour du stand de ventes des livres, je n’ai pas pu manger quoi que ce soit, mais tout avait l’air appétissant.

Je suis repartie aux environs de 17 heures avec deux ouvrages dédicacés. Une autre présentation d’œuvre est prévue avant la fin de l’année.

En somme, ce fut une très belle cérémonie.

Quelques photos de l'évènement 
Innocent Bomo
Fatym Kaba
Diomandé Mélaman
Guy Lamblin

mercredi 6 juillet 2011

ENTRETIEN AVEC...JOSUE GUEBO

L’Association des Écrivains de  Côte-d’Ivoire  doit véritablement aller à la recherche des jeunes talents, œuvrer à leur formation par des ateliers réguliers, des séminaires, voire des bourses et des résidences d'écriture.



1-Qui est Josué Guébo

Josué Guébo est un  petit guitariste qui s’est mis à rêver un matin  de poésie et de philosophie. Pour la poésie,  certains critiques, comme le réalisateur Marc-Laurent Turpin lui ont fait l’amitié de le déclarer – avec une exagération évidente –  « supérieurement alerte ».  Pour la philosophie, un gentil  jury l’a fait Docteur, non sans y ajouter une mention très honorable et d’autres choses tout aussi ronflantes. Mais Josué Guébo ne se laisse pas corrompre. Il reste guitariste, sans plus. Au plan familial, il répond, sauf erreur ou omission de sa part, de deux charmants garçons.  Pour ne pas  faire de jaloux il évitera de dire qu’il file le parfait amour avec son épouse, la mère de ses deux lieutenants …

2-Tu as été super lauréat du concours manuscrit d’or 2007, dans les catégories nouvelles et poésies. Les promesses faites ont-elles été tenues?

Oui la maison d’édition Vallesse, que je salue au passage, a tenu toutes ses promesses. Elle m’avait promis deux ordinateurs. Elle me les a livrés avec célérité. Je les ai vendus avec la même diligence, vu que j’avais déjà un ordinateur. Vallesse m’avait aussi promis des livres et l’édition de mes deux textes primés, elle n’a  failli à  aucune de ses promesses.

3-Quel a été l’impact de ce concours sur ta vie et particulièrement sur ta carrière ?

La carrière,  la vie sont  de bien grands mots, rapportés  à un concours de ce type ! Déjà en 2000, l’Association des Ecrivains de  Côte-d’Ivoire – l’AECI des grands jours si j’ose dire – m’avait déjà décerné un premier prix national poésie. Etre manuscrit d’Or n’a  donc pas spécialement  modifié  le timbre de ma voix. Par contre, c’est toujours très rassurant d’être primé.

4-AECI des grands jours? As-tu des reproches à adresser à cette association telle qu'elle se présente aujourd'hui? Des suggestions?

Oui, je pense que l'AECI, malgré le travail formidable réalisé par le Président Foua de saint-Sauveur, n'a pas forcément été à la hauteur des attentes de la littérature ivoirienne. Il y a une réelle cassure générationnelle dans nos lettres. Ce qui a manqué à cette décennie, c'est le mécanisme de l'émulation. Le dernier concours de Littérature auquel l'association nous a donné de participer remonte, à ma connaissance, à 2000. Une oeuvre collective avait d'ailleurs été promise à la suite du concours. Bandama est parti, cela fait onze ans aujourd'hui et pas une seule page de ce livre n'a été réalisée. A mon humble avis, l'AECI doit véritablement aller à la recherche des jeunes talents, œuvrer à leur formation par des ateliers réguliers, des séminaires, voire des bourses et des résidences d'écriture.
En tant que principale association des gens de Lettres de ce pays, cette association, de mon point de vue, n'est pas à la hauteur de la Côte d'Ivoire. Il faut rendre à cette structure sa réelle dimension et son authentique vocation!

5. Que recherches-tu dans l'écriture?

La question  que je poserais volontiers   serait « que recherche l’écriture en moi ». C’est que je ne perçois pas l’écriture comme une activité heuristique.  Dans la lecture oui, on peut rechercher quelque chose  mais pas dans l’écriture à mon avis, parce que finalement l’écriture est plus en moi que je ne suis en elle. Qu’est-ce qu’elle me veut ? Pourquoi me cherche-t-elle des poux, même tard dans la nuit, alors que je converse tranquillement dans un coin d’alcôve ? Que me veut-elle à la fin ? Quand l’écriture m’aura avoué ses intentions, je lui déclarerais aussi mes marchandises !
 
6-Combien d’œuvres as-tu déjà publiées et dans quelles maisons d’édition ?
 
À ce jour, six œuvres publiées dont deux collectives  et quatre  individuelles, toutes de poésie. Dans l’ordre « L’or n’a jamais été un métal » publiée à Abidjan, aux Editions Vallesse en 2009,  « D’un mâle quelconque » publiée à Paris aux Editions Apopsix en 2010, puis « Carnet de doute » et «  Mon pays, ce soir », publiées fin juin 2011 à Dakar aux Editions  Panafrika/Silex/Nouvelles du Sud. Au plan collectif, il y a « La paix par l’écriture » parue à  Abidjan aux Editions Vallesse en 2007, et « Des paroles de Côte-d’Ivoire pour Haïti, notre devoir de mémoire », publiée également à  Abidjan Aux Editions Ceda/Nei, en 2010.


7-Pourquoi avoir choisi la poésie pour t’exprimer ?

Je me sens poète mais je ne compte pas limiter le champ de mon écriture à ce seul horizon. Et puisque je n’aime pas communiquer sur les projets, mon propos sur ce sujet, si tu le permets, pourrait s’arrêter  là.

8-On décrie souvent la lenteur du processus éditorial en Côte d’Ivoire, peux-tu partager avec nous ton expérience avec Vallesse éditions ? Quelles sont les étapes et le temps que tu as mis avant que ton document ne soit validé ?
Oui, les textes que j’ai publié en Côte-d’Ivoire sont ceux dont la réalisation a été la plus lente. « L’or n’a jamais été un métal » n’a pas passé moins d’une année dans les tiroirs de mon éditeur. J’avoue quand même y avoir une part de responsabilité puisque je n’étais pas toujours pressé de rendre les épreuves corrigées. Pas pressé, non plus, d’effectuer telle ou telle démarche que me demandait de réaliser l’éditeur. Disons que j’ai soumis mon texte à Vallesse qui l’a fait évaluer par son comité de lecture. Quand il a reçu l’accord favorable, l’éditeur m’a recontacté pour me soumettre une variété de possibilités de partenariat  et les pourcentages liés à telle ou telle option. L’éditeur et moi avons convenu  d’un contrat de coédition. En clair, j’ai dû contribuer financièrement à la réalisation du livre, l’édition de la poésie comportant au plan commercial un certain risque.

9-Penses-tu que ton statut de super Lauréat à la première édition des Manuscrits d’or organisée par Vallesse éditions t’a fait bénéficier d’un traitement de faveur ?

Pas de traitement de faveur mais de capital de sympathie. Vallesse n’est pas une maison complaisante et cela se ressent  dans l’ascension fulgurante qu’elle connait depuis sa création.  La maison m’a signifié sa volonté de m’éditer, conformément  au rôle qu’elle s’est entre autre assignée : promouvoir ceux qu’elle estime de nouveaux talents. Cela dit,  je n’en ai pas  moins été  soumis à un comité de lecture qui a  jugé, jaugé,  pesé et soupesé ce que je proposais. C’est avec l’accord favorable de ce jury que mon texte a pu  faire son entrée en vitrine.

10-Quelles sont les démarches que tu as effectuées avant que ton manuscrit soit accepté par Apopsix ?

Alors, pour Apopsix, c’est une histoire à écrire debout.  Février 2010, je réalise  un texte et  recherche sur le net  des éditeurs, en m’adressant à cinq d’entre eux qui autorisent les candidats à envoyer leurs œuvres par fichier électronique. Je trouve cela inouï. Ca me change de la  bonne vieille procédure sclérosée qui vous rouille les articulations. Je saute sur l’occasion. Les  maisons  sollicitées sont favorables.  Elles me font parvenir un courrier d’accord et un contrat en bonne et due forme. Tout cela, en moins d’un mois. Je jubile et  signe avec la maison qui m’a répondu en premier : Apopsix. Le contrat est hyper-sympa et  les échanges avec les animateurs de la maison  plus  que cordiaux. Certains amis me conseillent de me méfier d’une éventuelle arnaque. Mais  je leur dis que je ne sais pas ce qu’un poète aurait  à perdre. En clair, je n’ai effectué aucune démarche particulière. En un clic, j’ai été publié, simultanément en France, en Belgique, en Suisse et au Canada. La maison possède un important réseau de distribution en librairie « papier » comme virtuelle.  De toutes mes œuvres, aucune n’est aussi accessible à l’achat, à l’échelle mondiale, que celle  publiée chez Apopsix !

11-Et les Editions Panafrika/Silex/Nouvelles du Sud ?

Pour les Editions Panafrika/Silex/ Nouvelles du Sud, j'ai d'abord écrit à l'éditeur qui est l'immense poète Camerounais Paul Dakeyo, pour lui dire que j'avais des textes poétiques à lui soumettre en vue de publication éventuelle. Il m'a demandé de lui faire parvenir mes écrits par courrier postal, aux adresses suivantes Editions Panafrika/Silex/Nouvelles du Sud. BP 16 658 Dakar Fann. Sénégal ou à Paris: Bâtiment 1446 rue Barbès. 94 200 Ivry/Seine.  La maison ne traite pas les envois électroniques. Au bout de deux mois, il m'a écrit et m'a signifié son accord favorable. La réalisation des œuvres, elle-même, n'a pas excédé les deux mois. A cette heure, les deux œuvres sont en lice pour le Prix Ivoire de l'Association Akwaba.

12-Avais-tu protégé tes manuscrits avant de les envoyer dans ces maisons d’édition? Pourquoi ? Si oui, comment ?

Non, je n'ai jamais pris cette précaution. On me l'a reproché. Je trouve tout à fait fondée la remarque dont j'entends tenir compte désormais. La procédure ne m’est pourtant pas inconnue. Déclarer son texte au Bureau Ivoirien des Droits d'Auteur à hauteur de 25 000 F, si je ne m'abuse. C'est une démarche que j'ai respecté pour la déclaration de certaines de mes œuvres musicales...

13-Tu as fait partie du nombre restreint d’écrivains qui ont participé à une œuvre collective sur Haïti ! Peux-tu nous parler de cette expérience ?

Je n’ai pas fait que participer à cette œuvre à laquelle ont  contribué, entre autres, des universitaires tels que Charles Nokan, Sery Bailly, Tanella Boni, Amoa Urbain et des écrivains comme Hyacinthe Kakou, Josette Abondio, Tiburce Koffi,  Regina Yaou, Henri N’Koumo, Arsène Ablo, Maurice Bandama ou Véronique Tadjo. Le Président Laurent Gbagbo,  humaniste qui, on l’oublie trop souvent, a donné à ce pays, à l’Afrique et à toutes les diasporas noires de la planète, une Société savante, l’Ascad, le Président Laurent Gbagbo, disais-je, a signé la préface de ce livre intitulé « Des paroles de Côte-d’Ivoire pour Haïti, notre devoir de mémoire ». Cette expérience m’a particulièrement marqué, parce qu’elle a  révélé une Côte-d’Ivoire unie, par delà ses divergences politiques et sociales, autours d’une cause commune. Des personnalités de toutes obédiences ont accepté de  faire chorus et cela a donné  une œuvre d’une très bonne qualité. Ce livre fera date.

14-On dit que les ivoiriens n’aiment plus lire. Quel est ton point de vue?

On ne peut  pas dire une telle chose du pays qui a  quand même inventé la technologie électorale et la titrologie. Vous savez, nous sommes une nation savante. Il se fait juste que nos universités sont passées de la bombe lacrymogène à la bombe tout court. C’est un progrès intellectuel que tout homme bien-pensant  saluera, tu en conviens. 

15-Où peut-on acheter tes livres ?

Dans les librairies de Côte-d’Ivoire et dans certaines en Europe ou en ligne par commande. Vous lancez une recherche à partir  de «  Josué Guébo » sur un moteur comme Google. Plusieurs occurrences s’afficheront concernant des boutiques virtuelles où mes livres sont disponibles.

16-Une dédicace est-elle prévue dans les jours à venir ?

Si Dieu le permet, je m’y prêterais volontiers.

17-Un conseil aux jeunes ivoiriens qui veulent se lancer dans l'écriture?

Les amis,  il y a de la place pour tous, ne baissez pas les bras. Même si des éditeurs ont pu rejeter  vos textes, il n’est  pas question de perdre courage ! Vous allez certainement y arriver. Si certains ont pu, il n’y a pas de raison que vous ne puissiez pas !

18-Merci pour ta disponibilité!

C’est moi qui te remercie et t’embrasse volontiers !

Interview réalisée par Yehni Djidji

mardi 5 juillet 2011

NOUVELLE: LE MEDIATEUR......DE JOSUE GUEBO

Qu'est-ce qu'un couple doit faire en cas de dispute? Essayer de vider la querelle? Faire appel à un tiers? Quel genre de tiers? Famille, ami, collègue? 
 Merci à Josué Guébo pour sa contribution au mois de la Littérature. Avec "le médiateur", il nous plonge d'une part dans une romance caustique, aromatisée et épicée entre employeur marié et employée très célibataire sur fond de SMS que beaucoup reconnaîtrons....et d'autre part dans l'univers laborieux, et ô combien contraignant de la médiation.




Sous l’effet conjugué de la climatisation et de la fraicheur hivernale,  le pharmacien s’est découvert une plus grande gentillesse envers certaines agentes du comptoir. Rien de passionnel, quelques embardées vite contenues, voltiges furtives, entre chien et loup… Sauf  que l’une des employées – par une pluie de SMS suggestifs – veut donner d’avantage de consistance aux petits jeux qui, de l’avis du patron, devraient peut-être en rester là. 

Au début, ce qu’écrit la jeune travailleuse est très neutre, inodore à la limite : « Bonsoir docteur ». Après, il y a un soupçon de musc : « Très  bonne nuit ». Ensuite, de l’épice : « Que cette nuit te soit douce et câline. » et  plus tard,  des lignes quand même un peu  aromatisées, « envie de sentir ton parfum dans la nuit » et enfin des choses franchement poivrées dont je dispenserais volontiers mon honorable lecteur, non sans toutefois livrer la réponse qu’y donne, dans la pénombre, le mufle : « moi aussi !».
Des messages de ce type le pharmacien en collectionne  une bonne ribambelle et se les relit, à lui tout seul, dès qu’il en a l’occasion. Mais  la jeune employée, à vrai dire,  n’écrit pas que  des choses suggestives. Ses texto peuvent exprimer de l’amitié, de la tendresse. De l’humour aussi, relativement niais à l’occasion. Et cela donne : « Deux fous grimpent  à un arbre. Au bout de 3 h, l’un d’eux se laisse tomber et l’autre lui demande : ‘tu es fatigué ?’, il répond : ‘non, je suis mûr’ ».  Ou encore : «  Un homme fait une rêve où il est poursuivi par des sorciers qui l’attrapent et l’attachent pour l’égorger. L’homme se débat pour échapper mais il est réveillé par la sonnerie de son portable. Content d’être réveillé, il prend son portable et voit ce sms qui s’affiche ‘on t’a raté, il faut dormir encore, tu vas voir’ lool, bonne nuit ! ».
En lisant cela, le pharmacien  rit de bon cœur, se  lisse la moustache,  respire un bon coup, mais devient  grave quand il voit : « Je pense que la richesse n’est pas seulement la quantité d’argent dont on dispose. Elle est également le fait d’avoir pour amis des personnes comme toi. Prends soin de toi. Car tu es une richesse pour moi. Les plus belles choses viennent du cœur et mon cœur te souhaite une agréable nuit. Kisssssss. ». 
Le pharmacien se laisse alors envahir par le murmure des mots. Il les trouve choisis et se dit, mesquin, que son épouse ne lui a jamais rien adressé d’aussi fervent. Mais ce petit nuage de plaisirs  volés se perfore quand  l’épouse découvre, un soir, toute cette prose à l’eau de rose : un téléphone oublié sur le canapé et c’est l’averse… La dame vocifère,  l’homme, lui,  sait   que la meilleure façon d’obtenir du silence de son épouse, c’est  lui montrer l’exemple : se taire soi-même. La méthode fonctionne, dans la quasi-totalité des cas. Mais lassitude ou besoin inconscient d’être caisse de résonance  d’une caissière, le pharmacien ce soir-là ne se sent pas disposé à se laisser  faire.
Sa femme, à vrai dire, y va plutôt à fond la caisse : elle vilipende celle qui à son avis  n’est qu’une « fille mal élevée » et heurté, le pharmacien  essaye, par  mauvais goût évident ,  le très classique « Il ne faut pas  prêter des intentions à une jeune fille  sans arrière-pensées. Que vas-tu chercher là ? ». La maladresse de l’homme met le feu aux poudres et l’adition est salée : le pharmacien doit recourir aux services d’un de ses amis, Martial, pour convaincre la femme  de renoncer à son projet de divorce.
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Martial est un homme  marié qui  rentre  tous les soirs à  19 heures, réglé jusque dans le choix de ses habits –  trois couleurs pour le travail : le blanc, le bleu et le beige, ni carreaux, ni rayure, ni pois, des chemises unies, sobres, sans poches, sans épaulettes ; le pantalon tout aussi sobre ; sans pinces, poches droites, couleur sombre et sans rayures, sans carreaux –  oui, cet homme aussi sage qu’une image de CV  pose les deux coudes sur la table,  écoute attentivement la femme de  l’ami et manifeste une sensibilité évidente aux problèmes relatés. La femme le voit, plus d’une fois, remuer la tête, froncer les sourcils, cligner des deux yeux, soupirer  même, quand elle aborde tel ou tel aspect de son récit. Un homme plein d’empathie, en somme.
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Mais Martial  qui est sage comme une photo de CV, ressemble aussi à un poncif : simple en apparence, complexe en réalité. Son sens de la persuasion repose sur une recension d’évidences à faire bailler. Pourtant,  sa façon de débiter les choses – même des clichés – auréole chacune de ses paroles d’une résonnance nouvelle. Il parle de l’intérêt « de pardonner », « d’avoir un foyer à soi », « une maison qui nous appartienne en propre », « une alcôve où l’on soit seul à seul avec l’homme de sa vie », avec un rien fantastique dans la voix. Et cela marche.  En deux ou trois semaines la jeune femme est convaincue de passer l’éponge sur ce qu’elle reproche à son époux. Le succès  de la médiation est d’autant plus  éclatant qu’elle lui avouera redécouvrir  son époux sous un jour merveilleux.
Le soleil se lève de nouveau : le pharmacien et son épouse s’offrent plus d’une excursion,  sorties romantiques aux sables dorés d’Assinie,  déjeuners en tête-à-tête, diners aux chandelles. Martial, de son côté, effleure à peine les plats qu’on lui sert et écoute d’une oreille distraite ses interlocuteurs, les jours qui suivent. Des amis qui pensent à une trop grande charge de travail, lui proposent de prendre des vacances : les syllabes proférées en guise de réponse montrent bien qu’ils auraient tout intérêt à le laisser tranquille.
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Mais,  de même qu’il y a un Dieu pour les pauvres, il y a  sans doute aussi un diable pour les hypocrites. Les rapports entre le pharmacien et son épouse se dégradent au bout de quelques mois et Martial,  encore  sollicité par le pharmacien, respire ! C’est pour lui, un réel soulagement de revoir cette jeune femme, ses pantalons moulants, ses cheveux en arrière, son sens de l’insinuation, cet humour un peu cruel dont les événements de la vie lui ont fait don. Ils vont pouvoir,  comme par le passé, être ensemble, faire les restaurants, les terrasses et les cafés. Elle, étaler ses récriminations et lui, faire semblant  de la raisonner.

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Les chemises à rayures qui font leur irruption dans le champ vestimentaire de l’homme, ces parfums un peu plus forts révèlent un médiateur moins fervent. La femme sait qu’il déroge à ses règles habituelles depuis un certain temps et cela lui plait énormément. Elle le laisse simplement venir, se délecte de ses dédites et des petites explications alambiquées qui les accompagnent, comme les gestes désespérés d’un nageur débutant.
La  dame se serre contre lui. Il fait semblant d’en être indifférent. Elle rejette ses cheveux en arrière à une fréquence régulière. Cela lui donne un air irréel.  Elle le fixe longuement puis pose son menton sur l’épaule de l’homme. Il  a  d’abord  du mal à lui passer les mains autour de la taille mais finit  par s’exécuter.
C’est quoi, le nom de ton parfum, déjà ?
Oh  je ne sais pas. Je ne fais jamais attention à ces trucs.
Il ment et cela amuse la jeune dame qui trouve excitants les nouveaux menteurs. Ils ont une pointe de candeur qui renforce chez elle le sentiment de les dominer. L’homme a soigneusement choisi ce parfum qui coûte une bagatelle. Elle le sait bien mais ses questions s’arrêteront là.
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Martial, même s’il n’a jamais fait la moindre proposition franche, pose un nombre important d’actes révélateurs : messages empressés,  bijoux, invitations,  voyage à plus d’une centaine de kilomètres d’Abidjan. Ces marques d’attention achèvent de convaincre la femme de sa volonté de conclure une médiation  débutée de main de maitre. 
De toutes les façons, le rôle d’un médiateur c’est de ramener le bonheur. Le conciliateur essaye d’abord de colmater les brèches du navire à la dérive, mais si les morceaux éparses s’obstinent à voguer à contre-courant de  la médiation,  il a le devoir, lui, de coller de sa propre salive  les morceaux réfractaires.  Et puis finalement, la jeune femme  trouve réconfort et apaisement dans la barque de la médiation, loin des eaux du foyer naufragé.  De même que l’on ne compte pas les dents des grilleurs d’arachides, l’on doit se garder  d’ausculter  la pagaie des timoniers,  ricane Martial !
Eh quoi ? Le pharmacien a bien pour lui ses molécules révolutionnaires, ses étalages de psychotropes,  ses caisses et ses caissières, il peut en disposer à volonté pour calmer la fureur de ses soirs d’amertume ! La femme est à sauver et il est bon que s’instaure  entre elle et lui, une médiation,  un estuaire sur lequel déboucherait, pour ses pas endoloris,  un autre horizon.
Par sadisme, le médiateur entre dans une pharmacie. Il n’achètera ni aspirine, ni nivaquine. Il se dirige vers un rayon, prend  trois plaquettes d’un produit sur lequel j’ai  juste le temps  de lire « extra fin, parfum banane » et sur un autre « parfum fraise ». C’est peut-être une nouvelle marque de chewing-gum qu’il va offrir à la jeune dame pour renforcer la médiation !

JOSUE GUEBO

dimanche 3 juillet 2011

ENTRETIEN AVEC...LUISIANO N'DOHOU

L’action d’écrire est un peu comme le fait de porter une grossesse, car un livre est un enfant que l’on porte en son sein et à qui l’on donne vie à maturité… C’est sublime!


1-Qui est Luisiano N’dohou ?

Jeune ivoirien né dans les années 70 (un peu de mystère sur la date exacte), étude en Lettres Modernes (deuxième années),  Diplôme supérieur de Spécialité en Négociation et Communication Multimédia (PIGIER) et Master en Marketing (niveau). Je suis chargé du Marketing à la SNDI (Société Nationale de Développement Informatique)… J’ai quelqu’un dans ma vie, mais nous ne sommes pas encore sous le même toit… Pas d’enfant.

2-Tu as été Lauréat de plusieurs concours. Lesquels ? Quel a été leur impact sur ta vie et particulièrement sur ta carrière ?

• Lauréat au concours littéraire organisé par le Rotary Club d’Abidjan Biétry en 1995
• Lauréat au concours littéraire organisé par le CEDA (une nouvelle pour l’an 2000)
• Lauréat au concours littéraire organisé par l'APPEL (association parole et livre) et la Librairie de France (une nouvelle pour La Paix en 2003)
• Lauréat aux concours littéraires Adoras (Intimes Confidences en 2004 et 2010)
• Lauréat au concours littéraire organisé par l’Université John Hopkins
• Lauréat à la deuxième édition du concours de nouvelles du Fan Club Isaïe Biton Koulibaly en 2006

Ces concours m’ont permis de me faire connaître, et ont créé en moi l’envie d’écrire d’avantage, d’aller plus loin. Ils m’ont permis d’entrer aisément comme lecteur ou correcteur dans des maisons d’édition. En un mot, ils ont eu un impact positif sur ma carrière particulièrement dans le domaine littéraire.

3- Combien d’œuvres as-tu déjà publiées et dans quelles maisons d’éditions ?

Le masque de la siffleuse (Cercle Editions)
Comme une nuit de noces (Cercle Editions)
Jusqu’au mariage (Adoras)
Rendez-vous du bonheur (Adoras)
Je l’aime, pas nous ! (Adoras)

A côté de ceux-ci, il y a aussi des publications collectives issues de concours littéraires :
Une histoire pour l’an 2000 (CEDA)
Tournons la page (CEDA)
Intimes confidences (NEI)
Juste pour goûter (Université John Hopkins)

4-Une dédicace dans les jours à venir ?

Oui, mercredi 06 juillet 2011, salle Félix Houphouët-Boigny du District d’Abidjan à partir de 15H. Elle concerne le livre "je l'aime...pas nous", paru dans la collection ADORAS.

5-Comment es-tu arrivé à l’écriture ?

Le livre a toujours été présent dans ma vie, du faite de ma mère qui est enseignante. Je pense que le besoin d’écrire est né de mes nombreuses lectures… Au collège déjà j’écrivais des textes qui n’avait pas de genre clairement définis et qui relevaient à la fois de la nouvelle, de la poésie et du théâtre… C’est au fil du temps que j’ai pu canaliser tout ce bouillonnement que je sentais au fond de moi… J’ai la certitude que mon goût pour la lecture a été pour beaucoup dans l’écriture…


6-On décrie souvent la lenteur du processus éditorial en Côte d’Ivoire, peux-tu partager avec nous ton expérience avec les maisons qui ont publié tes différentes œuvres ? Quelles sont les étapes et le temps que tu as mis avant que tes documents ne soient validés ?

Cette lenteur est due à certaines contingences, surtout pécuniaires. Vous savez, une maison d’édition met assez d’argent dans la publication d’un livre, ensuite, il faut que ce livre soit vendu pour que l’éditeur puisse entrer dans ses fonds… Mais combien d’Ivoiriens entrent spontanément dans une librairie pour acheter un livre, juste pour se cultiver se divertir, etc. ? C’est un problème qu’il faut régler à la base, avec une aide réelle aux maisons d’édition pour ce qui concerne la publication d’ouvrages de littérature générale. 
Cependant, certains auteurs, surtout les plus connus ne connaissent pas cette lenteur dans le processus éditorial. Ils peuvent déposer un manuscrit dans une maison d’édition et 4 semaines après, le livre sort de chez l’imprimeur.

Pour ce qui est des étapes, quand le processus d’édition est enclenché, il y la prise en compte des remarques de l’éditeur… après discussions, parfois houleuse, car l’auteur également défend son point de vue. Ensuite ,un travail de réécriture ou d’intégration des remarques. Parfois, quand chacune des deux parties est pointilleuse, il peut y avoir plusieurs séances de travail… Cette phase peut prendre deux ou trois mois, selon l’importance du travail à accomplir.


7-As-tu recours à un correcteur avant de déposer ton manuscrit ?

Non, jusque-là, je n’ai pas eu recours à un correcteur avant de déposer un manuscrit dans une maison d’édition. J’ai moi-même une expérience de correcteur… J’ai fait ce métier pendant 3 ou 4 ans aux éditions CEDA.

8-Où peut-on acheter tes livres ?

On peut se procurer mes livres dans toutes les librairies de la place ou directement chez mes éditeurs (NEI et Cercles Editions).

9-Tu fais partie de l’association Akwaba Culture. Quels sont les objectifs de cette association et qu’est-ce qui a motivé ton adhésion ?

L’association Akwaba Culture veut faire la promotion du livre mais aussi et surtout de l’écrivain. A travers donc le Prix Ivoire pour la Littérature Africaine d’Expression Francophone, chaque année, un auteur africain est primé au cours d’un dîner Gala haut en couleur qui fait d’Abidjan un pôle des belles lettres africaines. En effet, l’association invite à cette occasion des sommités du monde littéraire pour célébrer le livre. Nous avons déjà convié à cet effet Séydou Badian, Aminata Sow Fall, Christian Diop (veuve du célèbre écrivain Anlioune Diop et Directeur général de Présence Africaine), Djibril Tamsir Niane, Cheick Amidou Kane, Boris Boubacar Diop et bien d’autres…

J’ai spontanément adhéré à cette association car ses objectifs sont nobles. A la faveur du Prix Ivoire, nous organisons également le concours de connaissance littéraires des lycées. Un questionnaire est soumis aux élèves pour évaluer leurs aptitudes dans le domaine littéraire. Nous voulons faire de ces jeunes de grands lecteurs pourquoi pas, de grands écrivains de demain.


10-On dit que les ivoiriens n’aiment plus lire. Quel est ton point de vue?

Beaucoup d’Ivoiriens lisent très peu en effet, mais il y a de très grands lecteurs, qui sont au fait de toute l’actualité littéraire du pays et cela est à encourager. Vous savez, lire est une activité qui ne naît par toujours spontanément, il faut que le pli soit pris, de préférence, assez tôt, quand on est encore tout frais, et qu’un rien peut émouvoir… Il est difficile d’amener des adultes à commencer à s’habituer à la lecture… C’est une des raisons pour lesquelles l’association Akwaba Culture fait la promotion de la lecture chez les jeunes, de sorte à ce que dans le futur, un nombre importants d’Ivoiriens soit de grands lecteurs… Ce n’est pas un rêve irréalisable si toutes les bonnes volontés s’y attèlent….


11-Des conseils aux jeunes écrivains ?


Écrire est une aventure passionnante. L’action d’écrire est un peu comme le fait de porter une grossesse, car un livre est un enfant que l’on porte en son sein et à qui l’on donne vie à maturité… C’est sublime… Mais ce n’est pas aussi facile qu'on le croit… Il y a des moments de page blanche, où l’on manque cruellement d’inspiration… Mais il faut persévérer… je demande donc à mes jeunes frères qui se lancent dans l’écriture d’être persévérants… d’accepter de perdre parfois leur loisir pour écrire… La récompense est au bout de l’effort. Je ne parle pas de richesse matérielle, sous nos cieux les écrivains ne sont pas millionnaires… Mais nous sommes riches de partager nos rêves, de divertir les lecteurs, de les faire voyager, de les inviter à nous rejoindre dans cette grande et belle aventure du livre et de la lecture…


12-Merci pour ta disponibilité!

C’est moi qui te remercie de m’avoir donné la parole pour dire ma passion du livre.

Interview réalisée par Yehni Djidji 

vendredi 1 juillet 2011

NOUVELLE: LA HONTE...DE YEHNI DJIDJI

Commençons ce mois littéraire avec une nouvelle, ou plutôt un témoignage. Bien que l'histoire soit fictive, elle parle de faits réels que nous côtoyons tous les jours. On reproche souvent aux femmes d'être matérialistes. Mais qui ne l'est pas? Qui n'aime pas les bonnes choses, la bonne chère, l'opulence, comme se le demande Solange? C'est une réalité avec laquelle il faut compter, si l'argent ne fait pas le bonheur, il y contribue fortement. Cependant, tous les moyens sont-ils bons pour avoir de l'argent? Doit-on, hommes ou femmes, être prêts à toutes les ignominies, toutes les bassesses, au nom de l'argent?


Je m'appelles Solange. Sûrement que vous me direz à la fin de ce témoignage que je l'ai bien cherché. Mais qui ne cherche pas l'opulence? Le bonheur?
J'étais jeune et belle, et je le savais.  Mon miroir me le disait chaque jour, les gens aussi. Je ne voulais pas m'encombrer d'un jeune homme sans le sou  dont l'avenir était incertain. Alors quand Athanase, un tonton plein d'argent m'a proposé d'être sa maîtresse, j'ai plaqué mon petit ami Aubin, sans réfléchir.


jeudi 30 juin 2011

INFOS BLOG: LA LITTERATURE MISE EN AVANT!

AMOUREUX DU LIVRE,  ÉCRIVAINS D'ICI ET D'AILLEURS RÉJOUISSEZ-VOUS!

Le mois de Juillet sera placé sous le signe de la littérature sur mon blog, en particulier la littérature ivoirienne!
Dès le 2 Juillet, couverture de la cérémonie de Dédicace de Nestor Dakhaud pour annoncer les couleurs. (Je suis un peu souffrante mais j'espère vraiment que ça ira mieux!)
C'est l'occasion pour moi de passer un message fort aux écrivaines et écrivains ivoiriens! Vous avez une séance de dédicace programmée?
Informez moi inbox ou via mon adresse mail yehnidjidji@yahoo.fr avec en OBJET: CÉRÉMONIE DE DÉDICACE , et je m'en ferai l'écho sur mon blog!

De nouvelles histoires au moins deux fois par semaine,  des interviews d'auteurs  ivoiriens, des conseils pour se faire éditer à l'étranger, des solutions en ligne....tout pour aider à accompagner les jeunes écrivains.  Le mois de Juillet passé, nous n'auront plus aucune excuse pour voir nos livres pourrir dans nos tiroirs!

Appel à texte: vous avez écrit des nouvelles  ( 5 pages maximum, Times New Roman, 12,  interligne 1.5), vous voulez les partager avec les lecteurs du blog de Yehni Djidji et participer à la mise en avant de la littérature? Envoyez les à yehnidjidji@yahoo.fr en mentionnant comme OBJET: APPELS A TEXTE-NOUVELLES. N'oubliez pas de marquer votre nom ou votre pseudonyme! S'il vous plaît ne m'envoyez que des textes qui sont de vous!

Pour les adeptes de littérature sentimentale, je possède des doublons d'ouvrages de la collection ADORAS! 2 seront mis en jeu à l'occasion d'un concours dont les règles vous seront communiquées en temps opportun!

Vous avez publié une œuvre, vous aimeriez en parler pendant ce mois de la littérature? Vous aimeriez partager votre expérience avec les éditeurs ivoiriens? les éditeurs de l'étranger?
Écrivez à yehnidjidji@yahoo.fr avec pour OBJET: INTERVIEW ÉCRIVAIN (Présentez-vous, présentez votre œuvre et/ou les conseils que vous voulez apportez, l'expérience que vous voulez partager, je vous recontacterez en cas de besoin) .

Ensemble soutenons nos écrivains et promouvons la littérature.......

PS: Les réfractaires à la littérature (ce qui n'est pas normal, ressaisissez-vous, lol) ne soyez pas inquiets! Vous trouverez quand même de quoi vous satisfaire sur LE BLOG DE YEHNI DJIDJI!

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