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samedi 30 juillet 2011

NOUVELLE: L'ENTRETIEN...DE SYMPHONIE

L'entretien d'embauche, la grande inconnue. En quelques minutes, parfois même quelques secondes, un homme ou une femme déjà professionnellement inséré se fera une idée de vous, et décidera si oui ou non vous avez le droit de le rejoindre dans le club de plus en plus restreints des travailleurs. 
Certains disent qu'il est encore plus aisé pour les femmes d'obtenir un emploi. Si les atouts intellectuels ne  suffisent pas à convaincre le recruteur, les atouts physiques feront le reste. Mais est-ce vraiment un avantage?  Aujourd'hui le droit de cuissage est devenu quasi obligatoire, un genre de bizutage auquel peu échappe. ça suffit, il faut que ça change!

Merci SYMPHONIE!



C'est un jour comme les autres. Elle déambule dans les rues du plateau, le quartier des affaires comme on dit. Elle est plutôt bien apprêtée, jupe gris foncé, chemise rose quelque chose, et gilet gris foncé. On dirait qu'elle se rend à un entretien, pourtant il n’en est rien, mais à sa démarche on remarque qu'elle maitrise les lieux. Elle se dirige vers l'étalage de journaux, en achète un, on peut à peine lire le titre: business graph... qu'elle a déjà ouvert la page offre d'emploi. Ah on devine tout: elle est jeune diplômée à la recherche d'emploi et vient dans ce quartier tous les jours pour saisir les opportunités. Elle s'assied tranquillement sur un banc public, quelques secondes, une minute, tout à coup son regard s'illumine.  Elle a trouvé le job de ses rêves: Pays Alliés (PA), organisme international, cherche jeune traducteur (rice) bilingue, pas d'expérience requise, bien rémunéré, dernier délai aujourd'hui 14h... 

Elle est déjà au plateau, habillée pour ce genre d'occasion, avec son dossier complet dans la main. Mais il est 13h50minutes, si elle était un oiseau, elle aurait pu s'envoler vers cet endroit qui était à quelques mètres en tournant à gauche à la première rue, à droite à la deuxième rue, puis tout droit, elle allait y être dans quelques secondes, son cœur bat la chamade. Elle court plus qu'elle ne marche. Ca y est elle est arrivée, tout à coup elle a l'impression que son cœur est en train de tomber et ses rêves avec. Elle croise des filles sortant de l'immeuble, des filles belles, très belles, trop belles. Un groupe de trois est même en train de discuter en anglais de leurs études à Oxford. Elle commence à douter de ses chances d’avoir cet emploi. Elle est la dernière apparemment à venir déposer les dossiers. La dame au comptoir réceptionne le dossier : CV, lettre de motivation, bla bla bla, prend son nom, son numéro. ''Après une première sélection, dix personnes seront contactées pour l'entretien final'' lui dit la dame. ‘‘Excusez moi madame’’, elle ose, ‘‘combien sommes nous a postuler?''. ''vous êtes 1012 postulants, si vous voulez bien m'excuser'' La dame fermait son comptoir et s'éloignait avec une liste et quelques chemises à rabats dans les mains. 1012, elle trouvait le chiffre énorme, mais en même temps elle avait sa chance, alors confiante elle sort de l'immeuble, en souriant. Une semaine après, ils l'appellent, elle est parmi les 10 sélectionnés, c'est la fête à  la maison, tout le monde danse, et prie en même temps.


C'est aujourd'hui le grand jour de l'entretien. Elle arrive à une heure raisonnable, ni trop tôt, ni trop tard. 4 sélectionnés sont déjà là. Elle salue poliment avec un petit sourire. Elle s'assied, inspecte un peu les lieux, sort un livre en anglais, s'il vous plait, dont elle commence la lecture. Les autres arrivent, ils sont dix et l'entretien commence enfin. On appelle le premier, ensuite le deuxième et elle comprend qu'elle passera la dernière, parce qu'il suive l'ordre alphabétique et son nom commence par Y, elle soupire, elle s'imagine que le recruteur sera un peu fatigué et ne pourra pas l'interviewer comme il faut et pire encore. Mais bientôt elle se redresse sur la chaise, bombe un peu la poitrine pour se donner de l'allure et continue la lecture de son livre, elle s'était souvenu que pour obtenir un job il fallait être positive, tout le monde lui avait répété cela, alors pourquoi craindre, elle allait obtenir ce job, elle en était sûre. Deux heures après c'était son tour, enfin elle allait pouvoir prouver qu'elle était faite pour ce poste. C'est un homme à l'âge indéfini, plutôt beau et élégant mais à la mine fatiguée qu'elle trouve. ''Présentez-vous svp?'' Elle se présente, avec une mine sérieuse, mais douce et amicale. Il pose une question, puis une deuxième et une troisième, elle se demande maintenant s'il écoute vraiment les réponses qu'elle donne, soudain il lui fait un large sourire, rapproche sa main et la pose sur la sienne sur la table. ''Vous me faites bonne impression, vous savez, vous convenez à ce poste, et après tous ceux qui sont passés, c'est vous qui convenez le plus, c'est un secret mais je vous le livre quand même. Mais tout va dépendre de vous, de ce que vous êtes prête à faire et à démontrer pour l'avoir''. Ses doigts commence  se balader autour de ses bras, il veut la caresser. Elle les retire et s'excuse, elle n'est pas ce genre de filles, qu'est ce qu'il croit. Et contre toute attente, le monsieur à l'âge indéfini lui lance ''ce sera tout mademoiselle''. Quoi? Comment ça ce sera tout? Ah non, ça ne va pas se passer comme ca? Tout de suite elle se tient debout.

Ecoutez, Monsieur KISSI'' ; elle avait lu en rentrant le nom sur le chevalet sur le bureau. ''Tout ce que je veux, c'est un job. Je ne demande pas la lune quand même non. J'ai bossé dur pour avoir mon diplôme, les études ont coûté une fortune à mes parents. Entre parenthèses ma mère m'a toujours dit : ‘‘ma fille sois décente, sois une femme correcte’’ et c'est pour cela que je me suis habillée de cette façon, pas sexy, pas trop près du corps, mon tailleur ne vous plait-il pas? Ça ne fait rien, parce que moi je l'aime bien et il m'a coûté une   petite fortune. Alors votre avis sur mes fringues, ça ne m'intéresse pas. Mais revenons à nos moutons svp, j'ai besoin de ce job, pour vivre, m'épanouir et peut-être m'acheter une Cadillac comme celle-ci, alors j'ai besoin de ce job'' En parlant elle avait soulevé et reposé un modèle miniature d'une Cadillac XLR. Avant qu'il ait pu se rendre compte, elle avait posé un genou sur la table et l'avait saisi par le col tout doucement. ''Vous savez ce n'est pas si difficile de vous faire des gâteries et de vous caresser pour obtenir ce poste.'' Elle se redresse rapidement et avec sa plus grande assurance: '' Mais je ne ferai rien, parce que je pense que je mérite ce poste, j'ai le diplôme, la carrure, la détermination, la volonté, la compétence et l'efficacité requis, alors vous devez me le donner. Et je n'ai pas besoin de vous montrer mes fesses pour l'obtenir. Voici ce que je tenais à vous dire, monsieur''. Le monsieur encore sous le choc de cette furie avait pu remarquer qu'elle avait fait tout ce speech dans un anglais parfait, mais il n'en a cure. Il se lève calmement, la toise quelques instants et d'un ton sec presque brûlant, on entend même à des kilomètres de là: ''Miss....

I don't know, first I am not M. KISSI, I'm just using his office today and second GET OUT.

Elle croyait devenir sourde et ce GET OUT résonnait encore dans ses oreilles, mais elle pouvait toujours parler. Alors dignement elle prend son sac, présente respectueusement ses excuses pour le trouble qu'elle vient de causer et s'empresse de rejoindre la porte. Elle a perdu ce poste, elle le sait, ce poste chéri, le job de ses rêves. Elle n'a pas le courage de chercher d'autres offres d'emploi ou de faire quoi que ce soit d'autre, elle a juste besoin de rentrer à la maison. Elle arrive dans la cour, elle salue à peine, ne répond à aucune des questions qu'on lui pose,  entre dans sa chambre, ferme la porte à double tour et commence à pleurer comme une rivière: chienne de vie de chômeuse, salopards de recruteurs, ce monsieur l'avait mis hors d'elle c'est vrai mais elle aurait pu garder son calme, essayer d'expliquer. En fait ça devait arriver tôt ou tard, tout le monde voulait quelque d’intime avant de donner un job, elle était exaspérée et ce monsieur était la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Elle venait de perdre une chance inespérée de travailler dans la plus grande organisation mondiale.

Finalement elle s'endort, c'est la sonnerie du téléphone qui la réveille. ''Allo mademoiselle YAMI?'' demande une voix de femme au bout du fil. ''Oui, c'est bien elle''. ''C'est le bureau des Pays Allies (PA), vous avez réussi le test, passer demain au bureau pour commencer le travail. On vous donnera toutes les informations nécessaires. A demain.'' Elle a à peine pu dire merci, elle n'a plus de voix, ah si, elle vient de crier, crier si fort, que toute la maison accourt, on essaie d'ouvrir la porte, c'est fermé à clé, on tente encore et encore et finalement on force la serrure, elle est là par terre couchée sur le ventre en train de répéter ''je l'ai eu, j'ai eu le poste, je l'ai eu...''.

NOUVELLE: PEUR D'AIMER...DE DAPHNEY TAREK


Daphney Tarek, auteure de la nouvelle Compteur à zéro, nous gratifie d'un nouveau texte. Encore une fois l'amour est au centre de sa nouvelle. Le cœur et ses caprices, qui bien souvent s'incline pour la personne qu'il ne faut  pas!  Mais le cœur se trompe t-il vraiment? Ne sommes nous pas les seuls responsables de nos chagrins amoureux parce que tout simplement nous avons peur d'aimer?

Mon Prénom est Teddy. Après mes études en sciences économiques en Norvège, je n’ai pas chômé longtemps "la fraicheur" de mes diplômes a eu raison des autres prétendants au poste de responsabilité que j’occupe dans l’une des plus grandes banques du pays. D’un point de vue pécuniaire je suis, comme dirait-on à l’abri du besoin.


"Profession : Analyste financier

Taille : 192 cm

Couleurs des yeux : gris

..."

C’est entre autre quelques informations qui figurent sur la page de signalement de mon passeport que je tiens en main. Je regarde ma photo.On dit que je suis beau. Depuis que je suis tout petit on me le rabâche sans arrêt.

Mes yeux gris je dois les tenir de grand-père ; le papa de maman. Il est norvégien. Je lui dois une fière chandelle. Pour draguer, je peux attester que ça sert !
En général, je n’ai juste qu’à dire bonjour, mes yeux font le gros du boulot. Ma carte de crédit Gold finit de les achever. C’est d’une facilité énervante même des fois.

Dans quelques heures je prends l’avion pour New York… j’ai pris mes vacances. La vérité c’est que je fuis. Quoi ?Le pétrin dans lequel je me suis fourré.

Qui ?Une femme; c’est vrai que je devrais être habitué  à les voir me courir après. N’est-ce pas mon train-train quotidien ? Mais cette fois c’est différent.

C’est Marion, la fiancée de Franck  mon cousin. Elle ne veut plus se marier ; pour moi .


J’ai cru que j’allais défaillir quand elle m’a dit cela, au restaurant d’un grand hôtel il y a quelques jours ;on avait pris une table un peu cachée. Cela expliquait le fait qu’elle soit aussi désinhibée. Elle m’avait embrassé en guise de salutation. Tout de même ; Le restaurant était bondé de monde
Comment j’en étais arrivé  à ça?  Je ne comprends pas moi-même, je vous assure.
On ne l’a fait qu’une ou  peut être deux fois, mais c’est tout.

On ne quitte pas son mari comme ça ! Sur un coup de tête.
-Tu es folle, Marion ! 
-Folle de toi, teddy!
-T’as pensé à Franck ?  le mariage est dans moins d’un mois.
-Justement !  je préfère le quitter maintenant plutôt que de vivre un mariage basé sur des mensonges. Je t’aime Teddy

Mon Dieu ! Qu’est ce qu’elle raconte??  Elle dit qu’elle m’aime !  Comme ça ? Pour rien ? Ça c’est le propre des femmes .Toujours à utiliser les mots hors de leurs contextes. Je comprends maintenant pourquoi on les appelle le sexe faible. Attirance, désir, physique, pulsions, pour ne citer que ceux là ! Dans la langue française, il y avait  tellement de mots pour qualifier ce qu’il se passait entre nous !
Amour. Où est ce qu’elle était allée dénicher celui là ? A quel moment elle avait commencé à croire que c’était de l’amour ? Quand je plongeais mes yeux dans les siens  avant de l’embrasser ?
Ou quand après nos ébats  particulièrement relevés, je dois le reconnaitre, je lui disais qu’elle était  une femme magnifique ?  Chose que je pensais vraiment. 

Tout le monde savait que Marion  était intelligente, avait un joli minois, des formes alléchantes, mais personne n’imaginait tous les talents insoupçonnés dont j’avais eu la chance de profiter ; comme une fois, inoubliable,  avec sa bouche, elle avait … bon ! Souffrez que je vous épargne  les détails. Elle a vraiment pété les plombs. J’ai essayé de la raisonner. 

-Princesse  – je l’appelais comme ça pendant nos moments à deux …comprenez ! C’était histoire de nous mettre dans l’ambiance –on ne peut pas faire ça à Franck ? Que vont dire les parents? Tu sais que sa maman est hypertendue ? 
-Je sais que ça va être dur, mai on sera deux ; on va leur faire comprendre. 
-C’est vrai que les moments qu’on a passé sont très marquants mais valent-ils la peine de renoncer à la stabilité que Franck est prêt à t’offrir ? 
-C’est avec toi que je veux faire ma vie Teddy. Tu as ouvert  les yeux de mon cœur. En deux semaines tu m’as fait ressentir ce que ton cousin n’a jamais pu me faire ressentir depuis 6 ans. 

Je n’en croyais  pas mes oreilles. Je me demande ce qui m’a inspiré cet écart de conduite. De toutes les femmes avec lesquelles je pouvais batifoler ces dernières semaines, pourquoi a t-il  fallu que ce soit avec celle de Franck ? Mais je ne suis pas le seul fautif dans cette histoire. Franck aurait pu demander à un de leurs chauffeurs de conduire sa fiancée pendant ses courses. Il aurait fallu être là pour voir comment  j’ai résisté. C’est elle qui a avait commencé à me parler de ses doutes. Vous savez, ceux que toute personne sur le point de sauter les deux pieds joints dans l’aventure du mariage aurait. Ces doutes  qui leur font se poser des questions du genre : est-ce que c’est la  bonne personne ? Est-ce que je suis vraiment prêt pour ça ?  Est ce que je l’aime ? Quand je l’ai prise dans mes bras la première fois, c’était pour la rassurer, lui dire que c’était normal de douter avant de faire un si grand pas. Un câlin fraternel. Et puis lui est venue cette idée de faire une surprise à son mari. Elle voulait lui interpréter « leur chanson » au piano et voulait que je sois son professeur de musique pour la circonstance. En gentil futur beau cousin que j’étais, c’est volontiers que j’avais accepté de lui donner les cours tous les après midi dans mon appartement. 

Premier cours ; un samedi. A 16h on sonne ; c’est Marion. J’ouvre la porte. -
Salut Marion ; ca va ? 
-Super bien merci Teddy, toi ca va ?
-Oh plutôt bien. je referme la porte derrière  elle. 

Je ne peux m’empêcher de remarquer que sa robe lui va à ravir. -Tu es magnifique! -Merci, toi aussi. Ça m’avait semblé bizarre. 

-Ne fais pas de manières voyons, assieds-toi ! Je te sers quoi à boire ? 
-Tu aurais de la limonade ? 
-Limonade. parfait je te l’apporte tout de suite! 

Quand je revenais, elle était déjà installée  devant le piano. 

-Tu veux qu’on s’y mette tout de suite on dirait ! Tu n’imagines pas tout le boulot qui t’attends… 

4ème cours.

Je me suis installé auprès d’elle. Elle sentait si bon…Ses mains se posaient sur le piano entre deux gorgées de limonade. La glace avait rosi ses lèvres, elle était bizarrement irrésistible. Autre chose tout aussi  bizarre ; on aurait dit qu’elle me faisait de l’œil, me souriait malicieusement comme si elle mijotait quelque chose. Assis à coté d’elle, une multitude de pensées suggestives se bousculaient dans ma tête. J’avoue que j’ai désiré Marion.    
  5ème  cours.

J’étais pourtant résolu à contraindre mes pensées à suivre le droit chemin, mais rien n’y fit, et mon mur de défense s’écroula lorsque je senti son pied effleurer le mien. La première fois je me suis dis que c’était involontaire mais à la troisième,  la boite de pandore était ouverte. Je la regardai, ses yeux étaient braqués sur mes lèvres. L’appel n’était il pas assez clair ?  Je n’aime pas les histoires, mais quand on me provoque je réagi promptement.

Elle criait mon nom, je sentais des spasmes parcourir son corps…
Rassasié de ce que j’avais convoité, je me souvenais que c’était Marion que je tenais dans mes bras.
J’ai cédé une fois après… bon, une autre fois ensuite j’avoue, pour respecter l’adage «jamais deux sans trois ».

J’ai du mettre fin au cours, pour éviter de perdre le contrôle des choses. S’il n’y avait pas mon cousin, peut être que…

D’accord ! Mais Franck existe bel et bien, et il veut passer avec elle le reste de sa vie ! De  quoi me parlait-elle alors? Hors de question qu’elle le quitte pour moi.

-Marion sois raisonnable s’il te plait. Ce qu’on a vécu était intense, mais ne vaut pas la peine qu’on chamboule  l’harmonie d’une famille.
-Teddy chéri, on peut faire face à ça, ensemble. J’en parle à Franck ce soir.
- et qu’est ce que tu vas lui dire ?Que tu remets six années de relation en cause, pour du sexe ?
- c’est tout ce qu’il y entre nous teddy, du sexe ?
- excuse moi, ce n’est pas ce que je voulais dire, mais Marion…
- je rentre.
- t’es fâchée ?
- laisse tomber.
- je ne voulais pas te blesser princesse, crois moi, s’il n’y avait pas Franck…
- alors si tu ressens la même chose que moi, laisse-moi lui parler.
- Ca me fait peur...
Personne n’a rien rajouté, on s’est levé après avoir déjeuné. Je l’ai raccompagnée à  sa voiture. J’ai posé un délicat baiser sur ses lèvres et je suis parti.

*****


Il est 21h, mon vol est pour 21h30.  Je suis au poste d’enregistrement. Marion  m’appelle, elle vient de sortir de  l’appartement de Franck. Elle a mis fin a leur fiançailles. Je n’en reviens pas. Elle dit qu’elle me rappelle.

Quelques minutes plus tard. Mon téléphone sonne encore ; je décroche ; ce n’est pas Marion mais Franck ; Il pleure.

Les passagers du vol N7Y89, Rock air à destination de New York, sont priés de se présenter à la porte n°3 pour embarcation immédiate ». Je dis au revoir à Franck.  Je me dirige vers la porte n° 3.

vendredi 29 juillet 2011

NOUVELLE: LE PASSAGE SECRET...DE LUISIANO N'DOHOU


Pour ceux qui ont fait l'internat comme moi, on sait qu'il est parfois long d'attendre le jour officiel de sortie pour aller voir si le temps est beau dehors. Contrairement à moi, certains et dans notre cas certaines utilisent des passages secrets pour se faufiler loin de la surveillance rigoureuse des éducatrices...et parfois les aventures et les mésaventures rencontrées méritent bien d'être écrites dans une nouvelle. 
C'est ce cadeau que nous fait Luisiano N'dohou en nous racontons l'histoire de Maryvonne dont le père extrêmement sévère et suspicieux la place à l'internat au Lycée Sainte Marie de Cocody. Je ne sais pas pourquoi l'auteur a choisi mon ancien lysée comme cadre de cette nouvelle mais bon...lol...Enjoy!

Maryvonne tombait des nues. Son père venait, d’un ton péremptoire, lui interdire de prendre part au bal de fin d’année de son lycée. Elle avait cru bien faire et mettre toutes les chances de son côté en lui demandant la permission une semaine à l’avance. Les festivités commençaient avec la journée porte ouverte et le clou de la fête, c’était le bal de fin d’année au Palais des Congrès de l’Hôtel Ivoire.
- Mais papa, c’est le bal de toute l’école et toutes les filles seront présentes excepté moi ? Comment expliques-tu cela ? reprit-elle pour tenter de lui faire changer d’avis.
- Je n’ai rien à expliquer ! Je ne veux pas que tu y sois, c’est tout ! Tu assisteras naturellement à la journée porte ouverte, mais il est hors de question que je te laisse aller à un bal qui finit à l’aube. Dieu seul sait ce qui se passe réellement à ce genre de manifestations ! déclara M. Aka.
Puis il porta son verre de vin à ses lèvres et n’accorda plus la moindre attention à sa fille.
Maryvonne tremblait de colère contenue. C’était impensable qu’elle se heurtât à ce refus buté de son père alors que cette demande n’aurait dû être qu’une formalité. Ce bal était l’occasion pour toutes les filles de se divertir ensemble avant de se dire au revoir car il n’y avait plus cours après. Et puis elle avait bien travaillé en classe ; elle avait obtenu une moyenne de 13 sur 20. Elle était d’ailleurs classée 3ème de sa classe. Après de tels efforts, elle estimait avoir  le droit de s’amuser pour décompresser quelque peu. Elle revint donc à la charge :
- Papa, la Directrice et toutes les éducatrices seront également présentes à ce bal pour nous chaperonner. Tes inquiétudes sont donc sans fondement…
- Inutile d’insister, tu n’iras pas à ce bal ! Tu es ma fille unique et je veux que tout le monde sache que je t’ai bien éduquée. Tu dois par conséquent arriver au mariage en ayant préservé tout ta pureté ! Ceci est tellement important que je ne peux pas faire confiance à tes éducatrices. Vous pouvez être parfaitement de mèche pour quelque coup tordus !
En entendant ces dernières paroles de son père, Maryvonne fut déconcertée. Son père ne plaisantait donc pas avec ses idées farfelues. Elle tourna la tête du côté de sa mère et, d’un regard implorant, sollicita son soutien.
Mais Mme Aka ne lui fut d’aucun secours. Depuis quelque temps, son époux était assez désagréable avec tout le monde et s’emportait pour un rien. Si d’aventure, elle intervenait en défendant la cause de leur fille, il le prendrait certainement mal ; ce qui risquait de déboucher sur une dispute qu’elle voulait à tout prix éviter.
Maryvonne comprit alors qu’elle n’avait plus le moindre recours. Elle fit des efforts pour ne pas éclater en sanglots. Elle sentit un poids lui barrer l’estomac et lui ôter tout appétit. Elle posa sa fourchette et son couteau, recula sa chaise et se leva.
- Permettez-moi de me retirer, dit-elle, avec un trémolo dans la voix.
Elle quitta la table avec une pénible sensation d’étouffement. La salle à manger semblait subitement trop étroite pour contenir sa douleur. Elle grimpa les escaliers jusqu’au premier étage, ouvrit brusquement la porte de sa chambre et se jeta sur son lit. Elle donna libre cours à sa peine et pleura toutes les larmes de son corps. Plus elle analysait la situation et plus elle la trouvait absurde. Pourquoi son père était-il si sévère avec elle ? Pourquoi la surveillait-il tant. Pourquoi après son obtention du BEPC il avait fait des mains et des pieds pour le mettre au lycée Sainte Marie, l’avait fait entrer à l’internat ? Et seuls sa mère et lui avaient droit de visite… Non, il n’avait pas le droit de se comporter ainsi avec elle. Elle était à présent une grande fille de 17 ans et pouvait flirter avec son petit ami.
Maryvonne sécha ses larmes, s’assit sur son lit et se perdit dans ses pensées. Elle qui comptait sur ce bal pour passer un agréable moment avec Eric, voyait tous ses projets ruinés par la seule volonté de son père. Son regard parcourut la chambre et s’arrêta sur chaque objet. Elle considéra longuement tous les ces bibelots pour se rappeler un heureux souvenir et une joie passée. Mais seule une tristesse muette se dégageait de ces objets sans âme. Non, cette chambre ne lui rappelait qu’un bonheur enfantin. Aujourd’hui, elle aspirait à d’autres joies plus profondes, plus intimes… Comme cette sensation à la fois étrange et délicieuse qui lui chatouillait le ventre, juste en dessous du nombril et embrasait tout son être chaque fois qu’elle pensait à Eric, ou quand elle était dans ses bras et qu’ils s’embrassaient…
Non, elle n’allait pas céder aux caprices de son père et risquer de perdre celui qu’elle aimait. Elle ferait tout pour retrouver le bonheur que lui procuraient leurs randonnées au clair de lune, leurs éclats de rires fous, sans raison apparente, juste parce qu’ils étaient heureux d’être ensemble. Et puis, elle ne faisait rien de mal ; ils ne faisaient que flirter. Elle avait conscience de toutes les maladies qui guettaient les jeunes…
Toutes sortes de pensées se bousculèrent dans la tête de Maryvonne parce qu’elle devait trouver une solution à son problème. Cependant, elle n’arrivait pas à réfléchir efficacement. Elle finit par s’étendre, toute habillée, trop lasse pour se dévêtir.
Recroquevillée en chien de fusil, elle fut secouée par un dernier hoquet de douleur avant de sombrer dans un profond sommeil.
Le lendemain, son père la déposa au lycée. C’était la dernière semaine qu’elle passait à l’internat avant les grandes vacances. Toutes les filles étaient réquisitionnées pour mettre de l’ordre dans l’établissement. Celles qui avaient des rôles à jouer pour les manifestations mettaient la dernière main aux répétitions.
Maryvonne devait chanter en duo avec Marguerite. Les deux jeunes se ressemblaient énormément. D’aucuns disaient qu’elles avaient un air de famille. Traits fins et réguliers, formes harmonieuses, silhouettes élancées, elles étaient toutes les deux très belles.
Quand Maryvonne arriva au Lycée Sainte Marie en classe de 2nde, un élan de sympathie aurait dû mener les deux jeunes filles l’une vers l’autre, dans une éclosion d’amitié. Mais il n’en fut rien. Une sourde rivalité les avait immédiatement opposées.
Margueritte, plus ancienne dans le lycée, était la plus hostile. Avant l’arrivée de son sosie, elle était la coqueluche de l’établissement. Son air effronté et son sens de la répartie avaient fait d’elle le porte-parole des élèves auprès de l’administration. Avec l’arrivée de Maryvonne, elle se sentit non pas éclipsée, mais égalée et son domaine partagé. Du reste, la ressemblance entre les deux jeunes filles s’arrêtait au physique. Autant Margueritte était frivole et tapageuse, autant Maryvonne était sobre, presque réservée, ne manifestant pas d’intérêt sur ce qui la concernait pas directement.
Pendant les répétitions, Margueritte, comme à son habitude, mettait tout en œuvre pour être le point de mire. Elle parlait à la cantonade et posait pour la galerie en exhibant sa nouvelle montre et ses nombreux bijoux en or. Les filles chuchotaient d’ailleurs à ce sujet que Margueritte avait désormais une source de revenue autre que l’argent que ses parents lui donnaient.
Après les répétitions, Maryvonne ne monta pas immédiatement dans son dortoir. Sa tristesse de la veille était revenue et elle flâna dans la cours de l’école comme une âme en peine. Jamais auparavant, elle ne s’était rendue dans le bâtiment où avaient lieu les répétitions. Il était isolé des salles de classe et des dortoirs. Maryvonne fut surprise de constater qu’il ne délimitait pas l’enceinte du terrain. Il y avait un espace qui le séparait de la clôture. Et parmi les herbes, le sol était foulé et créait une piste quasiment invisible que Maryvonne emprunta comme un automate. Elle découvrit qu’entre les tiges de la haie d’hibiscus qui servait en fait de clôture, il y avait un espace par lequel une personne pouvait se glisser pour sortir de l’établissement, rien qu’en écartant les feuilles. Il s’agissait manifestement d’un passage secret. Le cœur de la jeune fille se mit à battre la chamade à cause de cette découverte… Des filles de l’internat usaient-elles de ce passage en catimini ? Si oui, pouvait-elle en faire autant ? Toutes sortes de questions déferlaient en elle, pendant qu’elle longeait la clôture. Un moment, elle aperçut une voiture de l’autre côté, sur la route. C’était une ML bleue nuit aux vitrés teintées, comme celle de son père. Mais elle n’eut pas le temps de bien voir le véhicule qui démarra aussitôt. Mais comme dans un rêve, elle entrevit un profil singulier au côté du chauffeur… Elle flâne encore quelques moments avant de retourner au dortoir.
La journée porte ouverte fut formidable. Toutes les prestations furent très réussies aux dires des participants. Surtout les deux jeunes filles qui  chantèrent en duo donnèrent le meilleur d’elles-mêmes et furent attendrissantes de charme.
- Bravo, les jumelles, lança quelqu’un dans la foule.
Mais Maryvonne avait leur cœur en peine. Ne voulant pas faire bonne figure contre mauvaise fortune, elle s’échappa de l’amphithéâtre très rapidement, alors même qu’un tonnerre d’applaudissements saluait longuement leur prestation. Margueritte, heureuse au-delà de toute expression, s’éternisa sur le podium à récolter les lauriers du succès.
Maryvonne parvint rapidement à l’autre bout de l’école, comme si ses pas la conduisaient d’eux-mêmes, sans sa volonté propre. L’endroit était calme et paisible. Les derniers gazouillis des oiseaux dans les arbres, le bruissement du vent dans les acacias et le parfum capiteux qu’exhalaient les fleurs étaient un hymne à l’amour qui transporta son âme.
Soudainement, elle réalisa qu’elle pouvait utiliser le passage secret pour s’échapper. Son père était parti en mission le matin même et sa mère, retenue par une importante réunion n’avait pas pu prendre part aux festivités de son école. Elle était accompagnée par le chauffeur qui avait reçu la ferme instruction de la ramener à la maison. Et ce dernier, comme un cerbère, l’attendait au portail de l’entrée.
Maryvonne remercia le ciel pour ce passage secret pendant qu’elle se glissait entre les tiges d’Hibiscus. Elle se retrouva de l’autre côté, dans la rue déserte. Elle pouvait, à la faveur de la nuit, rejoindre Eric qui l’entendrait certainement chez lui. Elle n’avait pas osé lui dire qu’elle ne pouvait pas se rendre au bal. Son cœur battait à un rythme fou. Elle fit un pas, puis un autre, se retenant difficilement pour ne pas courir. Au moment où elle parvint au tournant, un véhicule déboucha derrière elle et vint s’immobiliser à ses côtés. Du coin de l’œil et sous la clarté vespérale, elle reconnut la ML de son père. La portière s’ouvrit dans une invitation à monter.
Il était trop tard pour fuir. Hébétée, hagarde, la tête tournée dans le sens opposé à la voiture, Maryvonne y monta et s’assit à côté de son père. La voiture démarra.
Elle avait tellement honte qu’elle gardait la face rivée sur la vitre de sa portière. Elle se creusait les méninges pour trouver une justification plausible qu’elle fournirait à son père quand il se déciderait à l’interroger. Ce fut alors que la voix de ce dernier la tira de ses réflexions :
- Ma Margueritte adorée, tu ne sais pas à quel pont je me sens bien à tes côtés, commença M. Aka d’une voix chaude et câline que sa fille ne lui connaissait pas. Je suis tellement heureux de passer ces quelques jours avec toi à Assinie. Il n’y aura que toi et moi au bord de la mer… Je veux te combler, t’offrir ce qu’il y a de plus beau… de plus cher au monde…
Pendant qu’il parlait, M. Aka enveloppa le genou de Maryvonne avec sa paume libre. Cette dernière avait immédiatement compris que son père se père se trompait de personne. Il pensait être aux côtés de Margueritte, sa maîtresse. Le passage secret était donc celui par lequel Margueritte rejoignait son père. Et se dernier était venu à leur rendez-vous. C’était donc la voiture de son père qu’elle avait vue la dernière fois, alors qu’il était censé être parti en mission, comme aujourd’hui d’ailleurs ? Et ce jour-là, la personne qui était à ses côtés dans la voiture était Margueritte. Il n’y avait pas le moindre doute, c’était son père qui offrait les nombreux bijoux à Margueritte. Ainsi, il se donnait du bon temps avec une fille du même âge que la sienne pendant qu’il lui refusait à elle, tout divertissement. Elle décida de tirer partie de cette situation inespérée en le laissant s’enferrer davantage dans sa bête.
D’ailleurs, la voix de son père reprit :
- Tu sais, ma petite Margueritte, ma vie a véritablement commencé le jour où j’étais venu dans votre lycée chercher Maryvonne et que je t’ai pris pour elle. Te confondre avec ma fille fut la plus belle erreur de ma vie car depuis lors, tu illumines mon existence…
Ce fut plus que ne pouvait en supporter Maryvonne et elle interrompit son père :
- Cette fois-ci, tu fais la confusion inverse, Papa ! Tu prends ta fille pour ta maîtresse. Dis-moi, tu ne crois pas que le père de Margueritte voudrait également que sa fille arrive vierge au mariage comme tu l’exiges de moi en me le répétant sans cesse ? reprit-elle avec plus de véhémence.
Eberlué, les yeux exorbités comme s’il était en face d’un fantôme, M. Aka rata un tournant. Heureusement qu’il eut le réflexe de freiner au moment où sa voiture était à quelques centimètres d’un des arbres bordant l’avenue.
- Ma… Ma… Maryvonne ? fit-il en regardant fixement sa fille.
- Oui, papa chéri, c’est bien moi !
- Ma… Ma… chérie, tu sais que que je veux te… te… te faire… pa… pa… passer tes vacances aux Etats-Unis…
- Mon petit papa chéri, je… Je… Ne… Ne savais pas que tu bégayais… Ecoute, je n’ai pas du tout envie d’aller passer mes vacances aux Etats-Unis, tu me l’as toujours refusé. Mais ne t’inquiète pas, l’histoire du passage secret restera notre petit secret, juste toi et moi… Enfin, si tu es gentil !

                                               *          *          *
                                                    
      *          * 
Quand Maryvonne et son père rentrèrent à la maison, elle était tout excitée et ses yeux pétillaient de malice. Un sourire énigmatique flottait sur ses lèvres, à la grande surprise de sa mère.
- Maman, papa vient de me donner la permission de me rendre à mon bal de fin d’année. Je vais me doucher, me changer et il me raccompagnera chez Eric. Quand il reviendra vous partirez pour Assinie tous les deux. Il a vraiment envie d’être en tête à tête avec toi et c’est la raison pour laquelle il n’est plus parti en mission. Tu ne sais pas à quel point il se sent bien d’être à tes côtés. Il est tellement heureux de passer ces quelques jours avec toi à Assinie. Il n’y aura que vous deux au bord de la mer, articula Maryvonne en regardant fixement son père dans les yeux.
La mère de Maryvonne était tellement surprise qu’elle en resta sans voix quelques minutes.
- Comme je suis heureuse, ma chérie ! Il y a si longtemps que ton père et mon n’avions pas eu ce genre de moment à nous tous seuls. Mais comment à tu fais pour le convaincre ?
- Rien de plus facile, maman ! Il a juste suffit d’un passage secret !

jeudi 28 juillet 2011

NOUVELLE: DESTINS BRISES...DE PA

Peut-il vraiment exister une relation d'amitié entre un homme et une femme? Oui? Non? Faut-il continuer de prétendre à une amitié avec une personne du sexe opposé quand il est clair que vous êtes attirés l'un par l'autre et que l'un d'entre vous est engagé ailleurs? 
On pense toujours qu'on peut résister à l'appel insistant de la tentation...
Merci à PA pour sa nouvelle "DESTINS BRISES".

Mohamed venait de raccrocher avec Liz Emmanuelle, sa nouvelle euh… « amie ». Il avait quelques hésitations à déterminer la nature de leur relation tant elle était pour le moins atypique. A cheval entre amitié et amour ; c’était un hybride, un mélange des deux. A vrai dire, il n’en savait rien. Lui et Liz avaient moultes atomes crochus, ils se comprenaient sans avoir besoin de se parler, ils avaient les mêmes gouts musicaux, vestimentaires… Mohamed fut le premier surpris par leur rapprochement. On pouvait les voir partout accrochés l’un à l’autre. Les pseudos tourtereaux passaient beaucoup de temps à parler, au téléphone comme  sur internet via messagerie instantanée. Les sujets ? Trois fois rien ou des problèmes plus sérieux, des confidences, des échanges de compliments. Cela partait de la discussion la plus grave au détail qui faisait rigoler 5 minutes pendant la pause rêverie au travail. Liz trouvait que Mohamed était son alter ego, « Elle au masculin ».
 Pourtant à leur rencontre, rien ne laissait présager qu’ils deviendraient ces complices d’aujourd’hui tant elle s’était passée de façon particulière…
En effet par un après-midi très ensoleillé du mois de juillet, il avait décidé d’aller faire des longueurs à la piscine du club house au Vallon 2 plateaux, un quartier chic de la commune de Cocody. Par un heureux hasard Liz avait eu la même inspiration, en plus son agenda marquait que samedi elle avait cours de natation.
 Mohamed nageait comme un poisson, on ne pouvait pas en dire autant de Liz. Tel un poids dans l’eau chlorée de la piscine, elle nageait comme danse un pied.  Le maitre-nageur après des instructions, venait tout juste de la quitter pour un autre élève. Une fois seule, elle faisait ses exercices de crawl, un pull boy coincé entre les cuisses. Par intermittence, Liz mettait la tête hors de l’eau pour reprendre son souffle ; le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle était à la peine. Les membres crispés et  les yeux rougis, elle d’ordinaire si sure d’elle et glamour, apparaissait gauche et transie de peur. C’est à ce moment qu’elle surprit le rire de Mohamed. Un coup d’œil circulaire lui permit de se rendre compte qu’elle en  était l’objet. La belle fulminant d’être la risée de cet inconnu lui lança « parce que vous trouvez ça drôle ? C’est bon,  vous vous marrez comme vous voulez ?»
-désolé, je… balbutia t-il, se sentant démasqué par cette belle sirène qui de son regard rouge de colère et de chlore, le fusillait, l’air d’exprimer son mécontentement « pour ma peine je peux vous aider » lui proposa t il
-non merci, ça ir…elle n’eut pas le temps de finir sa phrase, qu’elle perdit l’équilibre, Mohamed accourut à sa rescousse et lui sortit la tête de l’eau  en affichant le même sourire moqueur une fois qu’il la sut hors de danger. Cependant cette fois, elle aussi éclata de rire, c’était drôle en effet.
 A la sortie de la piscine les deux nouveaux amis avaient pris un verre et échangé leurs contacts, le courant était toute suite passé.
Voici l’histoire d’une bien curieuse rencontre, Mohamed savait que liz n’aimait pas qu’il la ressasse, mais il aimait bien l’embêter, et il se faisait un plaisir de raconter leur premier contact avec force de détails chaque fois qu’il en avait l’occasion. Elle contre attaquait toujours de la même façon « ça remonte à bien longtemps, maintenant, je nage comme Manaudou»
-Et moi comme Mamadou, la taquinait-il
***
Il lui plaisait vraiment et elle savait qu’elle l’attirait également. Mohamed était avare en mots mais elle le connaissait bien depuis le temps… Ses actes trahissaient son ressenti et ses sentiments… Par pudeur ou tout simplement par déni, le duo n’abordait jamais de discussion à propos de cette attirance ignorée et pourtant palpable qui prenait ses aises entre eux
Cette grande amitié entre Mohamed et Liz a très vite évolué, les jours se relayaient à consolider cette relation particulière. Ils formaient vraiment un beau couple ou plutôt un beau duo parce que couple, ce n’est pas vraiment le terme qui convenait…
En effet, si Liz venait fraîchement d’agrandir le cercle des célibataires, Mohamed lui  venait tout aussi fraichement d’agrandir la circonférence des hommes mariés et était nouvellement papa d’une magnifique fillette, Sarah. Il savait qu’il jouait à un jeu dangereux à ainsi flirter avec les limites de l’amitié. Mais il se savait serein, ou du moins il le pensait. Il était fidèle et comptait continuer d’assumer son rôle de chef de famille à la perfection. Consciencieux, Mohamed fait partie des rares hommes qui pensent qu’on peut arpenter le chemin de la vie avec une seule et unique femme, être fidèle c’était le moindre des devoirs de l’homme envers sa femme. Mais aujourd’hui après l’arrivée impromptue de Liz dans sa vie, Il  se rendait compte que la tâche s’annonçait désormais ardue…
Elle avait une belle stature et une silhouette magnifique marquée d’une taille de guêpe et maintenue par deux belles jambes galbées et parfaitement droites et symétriques. Elle avait une cambrure et des formes à se damner. Mohamed avait plaisir à la regarder marcher, ou plutôt avancer et faire de l’espace son T, comme un mannequin.

*  * *
Mohamed sursauta et sortit brusquement de ses pensées suite au wizz de sa messagerie instantanée dans la fenêtre de discussion signe qu’il ne répondait pas à son correspondant depuis un moment. Il eut un sourire amusé, c’était Liz qui commençait à s’impatienter. « Tu me dis si je t’ennuie. »  dit-elle d’un air faussement agacé
« Désolé princesse, je me suis levé précipitamment et je n’ai pas eu le temps de prévenir. Je suis là maintenant» mentit-il.
Un émoticône de sourire fut la réponse qu’elle lui envoya.
Mohamed et Liz discutaient beaucoup et à force, il la connaissait aussi bien qu’elle le connaissait. L’air de rien, ce dernier était en train d’occuper la place laissée libre dans le cœur de célibataire de Liz. Elle commença à penser à lui un peu plus souvent les soirs avant de s’endormir ; c’est bien connu, la proximité crée des liens qui vont souvent au-delà de l’amitié. Par ignorance ou tout simplement par volonté de se voiler la face, Mohamed refusait l’évidence « il commençait à avoir des sentiments pour cette très chère Liz ».
 Il n’avait pas le droit, se disait-il intérieurement ; il était marié et de surcroit, c’était un homme correct à tous égards, bon père et mari fidèle. Mais pourquoi elle l’intriguait de la sorte, avec son sourire ravageur et son rire guttural tellement communicatif. Ce n’était pas très sexy mais comme il aimait l’entendre ! En plus il la trouvait vraiment à son goût, avec ses yeux légèrement bridés et son teint clair tendance mulâtresse.
Liz était effectivement belle, de bonne éducation et réservée de surcroît. Comme il aime à le lui dire « elle était belle à courtiser et bonne à marier ».  Pleine d’humour, Liz avait le chic pour s’habiller ce qui la mettait encore plus en valeur. C’était le genre de fille qu’on mettait à son bras pour faire des envieux et qui pouvait également tenir une maison et s’occuper des enfants. En somme la femme dans toute sa quintessence.  Elle n’était pas de celles qui croyaient à la virginité jusqu’au mariage mais ce n’était pas une frivole pour autant, pour preuve, à 27 ans elle n’avait eu que 3 relations. La dernière ayant connu des dernières notes douloureuses, elle avait finalement rompu ses fiançailles.
En outre, elle savait qu’être bonne cuisinière et maîtresse de maison, des cordes à son arc de femme accomplie, étaient des conditions nécessaires mais pas suffisantes pour retenir un homme. Ce n’était là qu’un aspect de la vie de femme. Il fallait d’autre part être une bonne amante, sur la question, notre Liz déjà physiquement gâtée par la nature était bien outillée, malgré son expérience sentimentale anorexique.
***
Mohamed et Liz continuaient de chatter entre  travaux à finaliser et réunions à tenir. « Dis Mo’, on part écouter du Live ce soir, c’est vendredi aujourd’hui et  j’ai besoin de décompresser », vit-il apparaitre dans la fenêtre de discussion avec Liz. « Je sais que tu es libre ce weekend, Astou ta femme a pris ses congés et elle est allée en voyage ce matin avec ta puce, tu n’as pas d’argument, s’il te plait » le supplia t’elle
-Tu me prends toujours par les sentiments toi…pas de souci, on va y aller
-merci Mo’
A 19h précise, le bruit de klaxon de voiture devant le portail de son appartement indiquait qu’il fallait qu’elle sorte rejoindre Mohamed venu la récupérer. Elle pouvait le voir depuis son balcon. Une fois Liz installée, le véhicule s’engouffra dans les méandres de la nuit mimant d’autres nombreux noctambules. «  Tu es très en beauté très chère»
-merci Mo’, toi aussi t’es élégant
Perchée sur ses escarpins blancs, elle lui tenait le bras lorsqu’ensemble, ils entrèrent dans la salle de la boîte de nuit « le live » de la riviera palmeraie.
La soirée était belle, une cannette de soda pour lui, un mojito pour elle, ils chantaient « redemption song » de Bob Marley en chœur avec l’interprète de l’orchestre de la soirée.
* * *
Liz s’éveilla dans les bras de Mohamed encore endormi, le regard embué et l’air interrogateur, elle le secoua vigoureusement pour le tirer de son sommeil, « mais qu’est e qu’il ya Liz » susurra-t-il, se libérant péniblement dans bras de Morphée.
-Ce qu’il y a ??? Ben, c’est qu’on a passé la nuit ensemble !!! hurla t’elle, mais…mais…comment ça se peut ? Que s’est-il passé ?
-d’abord tu parles moins fort, j’ai une vilaine migraine vu comme Mlle m’a réveillé avec douceur, ironisa-t-il, « ensuite, calme toi et arrête de t’agripper à moi de la sorte, ok ?une seule question à la fois je t’explique, au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, je suis tout habillé, d’accord ? »
-en effet, répondit-elle après un regard vérificatif
-Hier, tu as bu un mojito de trop, je t’ai ramenée, tu étais…on va dire que tu étais émoustillée
-Mais je n’ai rien fait de bien méchant, rassure moi…fit-elle la mine tristounette
-hum…Comment te le dire sans te heurter ? Euh… tu l’étais au point où tu m’as fait une séance de stript…
-Arrête, tu n’es pas sérieux là, coupa t’elle
-Non, je te chahute, j’ai réussi à limiter les dégâts, je n’ai pas voulu te laisser toute seule par prudence. Mais la prochaine fois, promets-moi d’être sobre.
-je suis vraiment confuse, je suis triste ces derniers temps et je me suis laissée un peu aller, je te promets qu’on ne m’y prendra plus.
- Bon là ma vieille, il faut que j’y aille, dit- il après coup d’œil furtif à sa montre
-Oh mille fois merci mon ange, le remercia-t-elle en se blottissant dans le même temps contre lui pour une accolade de gratitude. A son tour il la serra dans ses bras tout contre lui en lui caressant les cheveux « c’est rien, mais fais plus attention à toi la prochaine fois, tu es une proie et il y’a des loups dehors. Sur ce, je dois maintenant te fausser compagnie pupuce ».
-ok
Liz se serra un peu plus fort  à lui, et leva la tête, pour lui donner un baiser sur la joue qu’elle posa par inadvertance au coin de sa bouche… Tout d’abord avec hésitation, leurs lèvres finalement se trouvèrent. Et ce fut ensuite un long  baiser langoureux, tendre et passionné. C’est de notoriété publique, la beauté d’une femme est un piège pour la raison de l’homme. Cependant le peu de raison qui reste encore dans pareille circonstance prit le dessus sur la passion de Mohamed, il se dégagea tout doucement avant de dire «cette fois ci, je vais vraiment y aller, je crois que tu vas mieux »
 Il sortit promptement, son premier réflexe fut celui de passer un coup de fil à sa femme pour avoir des nouvelles, elle lui manquait depuis son départ, Sarah aussi d’ailleurs… A bord de sa voiture, il quittait Angré 7ème tranche, le quartier où résidait Liz Liz pour rejoindre sa villa sise en zone 4 biétry en passant par Cocody. Il ouvrit la boite à gants dans laquelle il posa son téléphone dépité « c’est tant pis, je le ferai un peu plus tard » pensa-t-il. Le feu venait de passer au vert lorsqu’il leva les yeux après avoir refermé la boîte à gants. Il passa du point mort à la première et tourna le bouton de son auto radio, un peu de musique pour la route.
Sur la droite au carrefour de la vie de Cocody un camion ben arrivait à vive allure, ses freins avaient lâché, et le conducteur  tentait désespérément d’arrêter l’engin. Il venait de brûler le feu rouge et la priorité au moment où le véhicule de Mohamed se retrouvait au beau milieu du carrefour.
Le choc fut bref, brutal, violent. Il n’eut pas le temps de réfléchir, d’agir ni de souffrir dans son corps sans vie encastré dans la carcasse de sa BMW grise série 5 ….

Par PA

NOUVELLE: TU SAIS QUE TU N'ES PAS LE PERE DE MON ENFANT...DE SYMPHONIE

Symphonie nous avait déjà gratifié d'une micro nouvelle CAUSERIES que vous avez apprécié.  Avec cette nouvelle, elle aborde le thème de la vie en couple et les crises récurrentes qu'engendre l'absence de progéniture à travers une lettre.




Cher Salomon,
 
Depuis hier tu sais que je suis enceinte. Tu as dansé de joie, tu m’as couvert de baisers et surtout tu m’as fait l’amour comme à une reine. Dans ton entreprise tout le monde sait que je suis enceinte, je le sais parce que ta secrétaire m’a félicitée dans la journée quand j’ai appelé pour te parler. Mais pendant que tu ouvres cette lettre, tu te rends que compte mes affaires ne sont plus dans la chambre et que je suis partie. Alors tu vas te demander pourquoi ? C’est normal, tout allait si bien, dans 7 mois, on allait être les parents les plus heureux du monde avec ce bébé que tu appelles déjà mon trésor. Pourquoi je m’en vais donc, alors que ce matin, je t’ai dit au revoir avec un doux baiser, tu étais tellement heureux. J’ai décidé donc de t’écrire et de tout t’expliquer.  Je te quitte alors que tu n’as rien vu venir, parce que je suis une bonne élève, j’ai appris de toi, j’ai tout appris avec toi. Tu devrais être fier.
 
Le jour où le docteur  Kpuikpui m’a dit que j’étais enceinte, j’étais tellement heureuse. Tu t’imagines bien que ces dix ans de vie commune durant lesquelles je n’ai pas pu te donner un enfant ou même une fausse couche, ont été dures pour moi, alors quand il m’a dit que j’étais enceinte, je me suis presqu’évanouie dans son cabinet.
J’ai toujours pensé que j’étais stérile, je me disais que c’était prévisible. Comme tu le sais j’ai fait deux avortements et j’ai été opérée deux fois à cause de myomes dans l’utérus, j’étais donc sûre que j’étais stérile. Comme je voulais savoir vraiment pourquoi je ne te faisais pas d’enfants, nous sommes donc allés consulter le médecin, le Dr Kpuikpui, ah le Dr Kpuikpui, ton cher et tendre ami, ton médecin de famille, les examens ont révélé que je n’étais pas stérile et que toi non plus tu ne l’étais pas. Le médecin m’a encouragé à être patiente, mais j’étais convaincue que j’étais stérile, peut-être était-ce une malédiction, physiquement je n’avais aucun mal mais peut-être que depuis le ciel on me punissait parce que j’avais tué deux êtres humains. Je pleurais les deux enfants que je n’ai jamais eus tous les jours, je les imaginais en train de me juger et me punir parce que je les avais pas aimés et gardés. Mais tout ça tu le sais puisque tu étais là, tu étais là durant ces nuits blanches. Tu as été un bon mari pour moi, je l’avoue. Tu avais les mots et les actes pour calmer mes craintes et mes peurs.
 
J’aurais dû deviner que quelque chose ne tournait pas rond le jour où je t’ai annoncé que j’étais enceinte de deux mois, j’aurais dû. Tu avais attendu cette grossesse toute ta vie et tu ne t’ais même pas mis un tout petit peu en colère quand je t’ai annoncé la nouvelle au deuxième mois de grossesse. Avant la joie, tu aurais pu être un peu fâché, un peu triste, je ne sais pas, j’étais sûre que tu aurais aimé aller avec moi faire le test de grossesse. Mais non, tu as juste dansé de joie et on a fait tout ce qu’un couple heureux peut faire ensemble.
 
Un autre fait bizarre, c’est que depuis que je me suis marié avec toi, je me sens belle chaque jour, même quand je ne m’apprête pas de façon particulière. Je veux dire plutôt que les hommes me trouvaient belle, je ne sais pourquoi. J’ai eu des dragueurs tout au long de nos dix années de mariage et des dragueurs assidus surtout. Je t’en parlais toujours, tu trouvais cela drôle, et rien de plus. Une fois tu es quand même allé jusqu’à me demander si ça m’intéresserait de coucher avec l’un d’entre eux, parce que selon toi, j’avais une façon particulière de le regarder. Bizarre. Il y a eu des grands, des courts, des noirs, des jeunes, des moins jeunes et enfin il y a eu ton frère, Pierre-Elie.
Tout a commencé le 24 Décembre dernier quand tu t’es mis en colère pour une affaire de cuisse de poulet et que tu es allé dormir à l’hôtel. Affaire de cuisse de poulet, vraiment ça n’avait pas de sens, mais tu m’as quand même laissé seule toute la nuit. Et ce scenario a duré toute une année, tu étais absent, désagréable, ah, si tu savais comme je me suis sentie coupable durant tout ce temps. En ce temps-là si Satan m’avait demandé mon âme en échange d’un enfant, je crois que je la lui aurais donnée. Je pensais que tu me trompais, après j’ai su que tu ne pouvais pas me tromper et que tu ne l’avais jamais fait, certainement tu t’éloignais parce que j’étais une femme au ventre sec, une femme porte-malheur. A partir de janvier ton frère a commencé à venir régulièrement à la maison, trop régulièrement même. Il était si attentionné, j’avais l’impression de te retrouver, mais lui il était plus fou et plus drôle. Je me suis beaucoup amusée en sa compagnie. Mais je me demandais comment il faisait pour avoir autant de temps à me consacrer et comment toi tu faisais pour être aussi occupé, puisque vous faîtes le même travail, vous avez les mêmes responsabilités et en temps normal, le même nombre d’heures de travail. Mais lui il était là, toujours là, surtout quand tu n’étais pas là. Et puis il a commencé à me faire des avances, en réalité il était doux, il me faisait sentir que je lui plaisais sans jamais me faire la cour ouvertement. Finalement ses efforts ont payé, on a couché ensemble, exactement le 17 juillet dernier. C’est arrivé, alors que tu étais en mission à Oslo, je me sentais tellement seule sans toi et comme s’il le savait, il m’a proposé ses services. Je ne sais plus si j’ai accepté, mais à la fin j’étais dans notre lit avec lui. Je me suis sentie si malheureuse après cet évènement et j’avais juré de te l’avouer à ton retour d’Oslo. J’étais prête à subir tous les  châtiments de la terre, après tout je le méritais. Et tu es arrivé ce 19 Juillet avec une humeur et un sourire qui m’a fait perdre toute envie de te raconter mon adultère.  Alors je me suis tue, je te retrouvais encore plus amoureux. Au fait le bijou que tu m’as rapporté est magnifique, mes copines étaient jalouses à en mourir à la vue de ces diamants splendides, mais je ne peux pas le garder, tu le trouveras sur ton bureau.  Je me suis donc tue et la vie a continué jusqu’à ce que je ressente des malaises et que j’aille me faire consulter. Dès que le médecin m’a dit que j’étais enceinte, j’ai couru à ton bureau, tu étais en réunion, alors je suis allée me cacher dans la salle d’eau, la secrétaire n’avait pas le droit de te dire que j’étais là. «C’est une surprise » je lui ai dit. Et c’est dans ton bureau, cachée dans la salle d’eau que j’ai appris que tu n’étais pas le père de mon enfant. Pour la deuxième fois de la journée, j’ai failli m’évanouir. Quand tu arrivais dans ton bureau, je t’entendais remercier ton frère pour ce qu’il avait fait pour toi, mais tu étais inquiet, par ce que je ne te parlais pas de malaise ou de grossesse depuis ton retour. Tu avais peur qu’il faille tout recommencer. Pour toi j’étais une bonne femme, une très bonne femme même, mais une femme trop difficile, aucun des hommes avec qui tu avais réussi à me mettre en contact ne m’intéressait. Tu avais tout essayé, mais rien. J’étais désespérément fidèle, comme si c’est ce que tu me demandais, toi tu voulais me donner un gosse et c’est tout. Je ne comprenais plus rien. Pendant dix ans tu avais placé tous ces hommes sur ma route pour que je couche avec l’un d’entre eux et que je tombe enceinte ? Même ton frère était un de tes pions. Avant de tirer des conclusions bizarres, il fallait que je sache. J’ai donc attendu que vous partiez, j’ai failli pousser des racines dans cette salle d’eau, tu sais, 4 heures avant que tu ne te décide à sortir de ton bureau. Je me suis dirigée directement chez notre cher et tendre médecin, je t’avais dit que je lui plaisais bien. Ça n’a donc pas été difficile d’avoir de vrais informations, un visage de chien battu, quelques menaces, un sourire triste, et il m’a tout raconté. Lui, il t’avait donné tous les conseils nécessaires, il t’avait encouragé à me dire la vérité, pour lui j’étais une femme compréhensive, je t’aimais et je pouvais te comprendre. Tu n’as jamais rien voulu savoir. En réalité depuis toujours tu sais que tu es stérile, le premier bilan de santé que ta mère t’as fait faire, lorsque tu avais 13 ans l’a montré. Tu n’allais jamais faire d’enfant. Tu as passé toute ta vie à mentir à celles que tu as rencontrées. A certaines tu as dit que tu n’étais pas prêt pour avoir un enfant, à d’autres que tu n’étais pas assez amoureux pour fonder une famille avec elles, autant de mensonges que tu as développés pour cacher ta stérilité et je suis apparue dans ta vie. Tu m’as aimé tout de suite, c’est Dr KPIKPI qui le dit, et tu ne voulais pas me perdre. Comme tu n’arrivais pas à m’enlever cette histoire d’enfant de la tête, tu t’es imaginé que si tu réussissais à me mettre dans le lit de quelqu’un d’autre, je tomberais enceinte, et on aurait un enfant. Personne ne se douterait de rien, pas même le vrai père de l’enfant. Alors depuis le début tu savais que tu ne serais jamais le père de mon enfant.  Et tu m’as menti pendant dix ans. Finalement je me pose ou plutôt je te pose la question : Qu’est ce qui était vrai dans notre relation ? M’as-tu aimé un jour ? Pourquoi autant de mesquineries pour un enfant ? De toutes les façons tu n’auras pas l’occasion de me répondre, ça c’est sûr. Au moment où tu lis cette lettre, je suis déjà quelque part à des milliers de kilomètres de toi. S’il te plaît, laisse- moi faire une pause, accepte que je te quitte sans faire d’histoires et de scandales, si Dieu le veut, on se verra un jour. Pour l’enfant, ne t’inquiète pas, je saurai m’en occuper.
Je t’ai aimé.
 
Ta femme adorée, Prunelle.

mercredi 27 juillet 2011

NOUVELLE: DESILLUSION...DE BEE

Prisca était certaine qu’elle venait de rencontrer le prince charmant. Beau et riche comme elle les aime. Elle l’a su dès qu’elle le vit entrer. Plus tard, elle a su qu’il s’appelle Didier. Son annulaire n’a pas d’anneau, elle en déduit qu’il n’est pas marié. Il lui fait la cour, elle répond oui sans se faire prier. Ils se sont trouvés au gala de l’entrepreneuriat dédié aux jeunes entrepreneurs à talent. Un autre point pour lui, en plus du physique et du matériel, il avait de l’esprit, il est intelligent. Dans la chaleur de la nuit, cœurs croisés A la fin de la soirée, dans sa grosse cylindrée, ils se sont envolés. Il avait prétexté des travaux dans son appartement et alors  dans sa résidence à elle, ils ont passé leur première nuitée. Le matin au réveil, il s’en était allé.  Prisca constate également que son appartement a quelque chose de nouveau, de changé…. Un mot laissé au chevet du lit attira son attention. Elle pouvait y lire« comme toi je suis aussi matérialiste et amoureux de beaux physique. Merci de m’avoir gracieusement fait don de ton corps et tes  biens. L’étalon que je suis doit bien monnayer ses efforts. A un de ces jours...». Ses montres et ses bijoux de valeur sur sa coiffeuse avaient disparu ainsi que ses rêves de vie commune avec ce bel inconnu.

lundi 25 juillet 2011

ENTRETIEN AVEC...FRANCK BAYE


1-Qui est Franck Bayé ?

Financier de formation, je me suis réinventé grâce aux TIC. En effet, autodidacte en informatique, je suis aujourd’hui Webdesigner à la tête d’une Web Agency dénommé Madox (www.madox.ci), que j’ai crée en 2009.

2-Il parait que tu as un projet qui va révolutionner l’édition en Côte d’Ivoire. Tu peux nous donner de plus ample détails ?

Je ne sais pas d'où tu tiens cette information. Lol. L'essentiel de ce que je pense en ce qui concerne l'édition est contenu dans mon article du jour. Je pense que la personne qui te l'a dit a beaucoup exagéré. je n'ai pas de projet révolutionnaire. Je sais faire des sites web, je pense avoir une certaine vision stratégique en plus d'une culture du web. Cela m'autorise à faire des propositions. Mais aucun projet de maisons d'édition.
 
3-Si les paiements se feront via un paiement en ligne, l’écrivain même doit disposer de cette option au niveau de son compte en banque ? Comment doit-il s’y prendre ? Tu as une autre solution ?

Pour recevoir des paiements en ligne, il existe plusieurs solutions. mais on peut les résumer ainsi : Soit l'écrivain prend une carte visa et reçoit les paiements sur celle ci soit il communique son numéro de compte bancaire. L'une ou l'autre de ces méthodes sera transmises au tiers de paiement qui est un opérateur international ( payapl, moneybooker ) qui va se charger de sécuriser les transactions. Là encore rien de compliqué.

5-Compte tenu du retard de l’Afrique en matière de solutions de paiements en ligne, le public susceptible d’acheter les livres sera à majorité occidental ou tout le moins de la diaspora. Écrire pour ce genre de public ne va-t-il pas nécessiter un changement de style de la part des auteurs ivoiriens, pour les intéresser ?

 Sur ce point je pense qu'il faut revenir sur certaines idées. les consommateurs des livres africains se situe dans la même catégorie de ceux qui ont accès à ces moyens de paiements. Il suffit seulement qu'ils en ait besoin. prenons ton exemple si tu as la possibilité d'acheter en ligne 5X moins cher le dernier livre de ton auteur préféré on peut parier que tu iras acheter ta carte visa sur le champ ( africards, rubis de BIAO ou les offres d'ecobank et de Banque Atlantique. Pas besoin de cibler les occidentaux il suffit juste d'avoir un prix incitatif et un certain volume d'offres.

6-Les éditeurs locaux, proposent généralement des services de corrections des œuvres inclus dans leur pourcentage final, comment comptes-tu gérer ce volet sur ta plate-forme ?

Ma plate forme ? Laquelle ? Comme je l'ai dit à plusieurs reprises je n'ai aucun projet dans ce sens ( à l'heure actuelle ) et même si j'avais envie de m'y investir c'est un aspect trop technique donc que je ne pourrais gérer personnellement. Ce qui m'intéresse et là où je peux apporter ma valeur ajoutée c'est en aval du projet. En amont tout le côté rédactionnel , conseil relecture et compagnie je ne m'y aventure pas. 

7-Il y a aussi une certaine mise en page à effectuer pour la commercialisation électronique de l’ouvrage, qui s’en chargera si ton option est retenue ?

Aujourd'hui il y a des logiciels pour tout. Ce genre de chose ne m'inquiète pas une seconde. Dis toi que des auteurs ont eu ce problème et que la solution est disponible . Il suffit de la trouver. Je serais pas surpris que les Amazon et compagnie propose ce genre d'outils ce serait cohérent dans leur logique. So don't worry.

8-Pour pouvoir lire un livre en format électronique, le lecteur peut-il se contenter d’un ordinateur ou doit-il posséder un appareil spécial ? 

Il existe 3 grands formats de diffusion d'eboks. PDF, MOBI et EPUB. Les trois peuvent se lire à la fois sur pc et ereader à condition d'avoir les logiciels adaptés. le format pdf est le plus courant sur PC.

9-Pour le livre format papier, c’est la photocopie, l’emprunt à un tiers qui en mine les ventes. Ton option prévoit-elle des solutions sécuritaires pour éviter la piraterie ? Comment empêcher un acheteur de le diffuser gratuitement.

Rien ne peut empêcher quelqu'un de copier ton livre comme de le photocopier. c'est une crainte légitime mais contre laquelle on ne peut rien. Le numérique peut te permettre de vendre ton livre à la terre entière sans quitter ton fauteil. de telles avantages ne vont pas sans qlq inconvénients. Quand je vois les ventes d'Amazon et autres les ventes ne semblent pas affectées.
10-Tu proposes le référencement du livre sur des sites semblables à AMAZON est-ce gratuit et aussi facile que tu le fais paraître ?

Gratuit ?? Il manquerait plus qu'il le fasse payer en plus. Ils prennent une commission sur les ventes 20% je pense. Maintenant est ce simple. Un système qui permet à des millions de personnes de vendre leur ebook en ligne ne peut pas être compliqué et si jamais ca semble un peu bizarre il y a forcément quelque part un blog qui va expliquer la marche à suivre. Je ne m'en fais pas une seconde. 

11-Yehni Djidji a plusieurs manuscrits dans le placard et aimerait par exemple, adhérer à ton projet, quels sont tes tarifs ?

Comme je l'ai déja dit je n'ai pas de projet de maison d'édition. Mais je suis un autodidacte et ce genre de challenge ne motive particulièrement. Adhérer à mon projet consistera surtout à définir ce que je peut apporter dans mon domaine de compétences.Maintenant en ce qui concerne mes tarifs ils sont sur mon site web mais vu la nature du projet une analyse préalable s'imposera ( qui doit faire quoi ? ). 

12-Un contact où les personnes intéressées peuvent te joindre ?
07 61 60 51
http://madox.ci/

13-Merci ! 

De rien !

Interview réalisée par Yehni Djidji

samedi 23 juillet 2011

NOUVELLE: CAUSERIE...DE SYMPHONIE

Je l’écoutais distraitement, parler de… je ne sais plus de quoi, ni de qui. Les seuls mots que je saisis: amour, petit ami, mari, pfff. Comme si je ne les avais jamais entendus auparavant. Mais il avait raison, peut-être est-ce la première fois que j’en entends parler. Est-ce que je connaissais réellement ces mots ou leur sens, je ne sais plus moi-même. Peut-être que j’ai su un jour ce que un amour ou un mari veut dire, c’est possible. Ah, je l’écoutais, il a peut-être fini de me parler, au moins j’ai pu enregistrer le dernier mot : séparation.

vendredi 22 juillet 2011

EVENT: UN FILM ET UN LIVRE.....

Pour terminer le mois de Juillet en toute beauté un film et un livre...

Le 23 Juillet 2011, ce Samedi donc, venez assister nombreux à la première projection aux cinéma PRIMAVERA et LA FONTAINE, du Film de OWELL BROWN, LE MEC IDEAL. Serges Abessolo, Mike Danon, Emma Lohoues, Marie Louise Asseu, Bienvenue Néba et bien d'autres. Ceux qui feront le déplacement seront sans aucun doute époustouflés par ce film qui a été sacré Etalon de Bronze au FESPACO 2011 et  Grand prix du meilleur film FESTICAB 2011.


 Le 30 Juillet, Rendez-vous à SOCOCE à nouveau. Mais cette fois, ne bifurquez pas à droite mais à gauche, direction la librairie de France où Hyacinthe Kakou fera la dédicace de son œuvre "ON SE CHAMAILLE POUR UN SIÈGE", Prix de la Meilleure pièce inédite au Premier Festival du Théâtre Scolaire ''Bouaké 1982''). Vieille de trente ans, cette pièce de théâtre est encore d'actualité.
Il y aura encore au menu, "DES PAROLES DE CÔTE D'IVOIRE POUR HAITI", notre Devoir de Mémoire
,œuvre collective de plusieurs illustres écrivains ivoiriens dont Hyacinthe Kakou avec sa nouvelle intitulée: HISTOIRE A VOMIR DEBOUT!


NOUVELLE: UN PARFUM DE JASMIN...DE SHANNEN RIMPHREY

Chaque personne a une manière spéciale d'évacuer son stress, d'exprimer son mal être. Si certains se perdent dans le travail acharné, la nourriture ou parfois même les dépenses intempestives, d'autres  s'adonnent à l'alcool, la drogue...le sexe.
Merci à Shannen Rimphrey pour sa contribution. Dans Un parfum de Jasmin, elle nous conte le parcours initiatique de la jeune Samira .

Enfin chez elle. Après quatre années d’études en Tunisie, Samira rentrais enfin. Plus confiante surement et tellement si fiers d’elle. Rien n’avait été facile pour elle. Au contraire, tout avait été pour qu’elle sache l’importance et la valeur de son diplôme. Elle avait commencé cette aventure avec des objectifs précis. Montrer à son père qu’elle pouvait réussir dans un domaine. Domaine qu’elle avait elle-même choisi et non lui.

La première année, tout s’était passé comme un charme. Normal, son père était à ses côtés. En se comportant en gentille fifille à son papa, elle ne ressentait pas le poids de cet exile. Elle était logée, nourrie et blanchie. Son père subvenait à tous ses besoins, réels ou fictifs. Il pouvait se le permettre, il travaillait et donc en avait les moyens. La fin de la deuxième année, avait été plus difficile. N’ayant jamais vécu chez des personnes autre que ses parents, elle avait dû s’accommoder aux exigences de ses tuteurs. De plus, elle avait dû faire face à l’incapacité de pouvoir satisfaire ses besoins financiers. Autrement dit, la « galère ». C’est alors que Samira s’était perdue dans une dépendance accablante pour une jeune fille de son âge et de son rang. Le sexe était devenu pour elle une distraction, mais aussi un remède. Ses rêves de prince charmant commençait peu à peu à s’effriter. Quand elle était triste, c’était sexe. Quand elle était heureuse, sexe. Quand elle avait une envie de s’amuser, sexe. Quand elle avait besoins d’argent, sexe. Le sexe représentait pour Samira une drogue. Elle se fichait pas mal de savoir si elle blessait des personnes. Les hommes, elle les collectionnait les uns à la suite des autres. A la fin de la troisième année, elle avait développé une telle libido, que son attirance pour le sexe opposé commença à se développer. Elle avait atteint un summum de nymphomanie. Cet été la, de retour dans son pays, une nouvelle lui fit l’effet d’une bombe. Sa sœurette allait convoler. Samira en resta pantoise. Pourquoi sa petite sœur et non elle ? Qu’avait Fatim de plus qu’elle ? Samira était bien la plus jolie des deux sœurs. De son mètre soixante, elle bénéficiait d’une poitrine assez bien rondelette et d’une croupe rebondie. Son teint café crème cirée était rehaussé par des yeux en amande d’une couleur marron clair inhabituelle pour une africaine. Elle savait y faire avec les hommes et était imbattable au lit. Samira se rendit compte que tout ce qu’elle avait fait ses trois dernières années était de compenser son sentiment de solitude et d’insécurité généré par l’absence de sa famille, par  une libido excessive. Elle prenait conscience qu’il lui fallait réagir et réparer tout cela. Samira voulait aussi se marier. Fonder une famille. Mais surtout chasser ses démons intérieurs. C’est pourquoi au début de la dernière année, lorsqu’après avoir mis de l’ordre dans sa vie et côtoyer un seul homme elle s’était dit qu’elle allait y arriver. Après seulement deux semaines, elle s’était vue fiancé. Elle ne s’en formalisa point. C’était l’homme que son père aimerait surement. Musulman pratiquant comme elle, bien éduqué et calme. A coup sur son père serait heureux pour elle.

Toute contente, mais un peu inquiète ou par esprit de rivalité fraternelle, elle avait d’abord appelé Fatim. Cette dernière avait émis quelques réserves. Elle estimait que s’était une décision trop rapide. «  Tu dois apprendre à mieux le connaitre Samira ! Sinon ça ne peut pas marcher ! » Lui avait elle dit. Samira voulait vraiment changer et se ranger. La proposition de mariage tombait donc à pic. Sans trop réfléchir et sans écouter ses amies, elle s’est lancé corps et âme dans cette relation. Samira voulait être une bonne femme et une épouse exemplaire. Elle croyait dur comme fer qu’il l’aimait et qu’ils vivraient un mariage heureux. Il l’utilisait comme femme à tout faire. C’est elle qui lavait ses habits, les repassait, lui faisait à manger, faisait ses devoirs de classe… elle l’aimait vraiment. Plus qu’elle ne l’aurait voulue. Cela ne lui posait pas de problème de faire plaisir à celui qu’elle considérait comme son mari. Elle lui donnait tout ce qu’il voulait, même un enfant ! Elle était fière de se savoir enceinte. Les conséquences, elle s’en fichait pas mal puisque son mari était à ses côtés. Quelle ne fut pas sa déconvenue quand elle constata qu’il avait d’autres copines. Il avait brusquement changé. Elle avait l’impression qu’elle le faisait vomir. Il était devenu méchant et grossier. Il ne venait chez elle que pour manger ou  pour laisser son linge. Ou encore pour le sexe. Elle devint malheureuse, pensive. Elle perdit son bébé. A ce stade de sa vie, Samira se remit à réfléchir. En moins de deux mois il lui avait tout donné. En moins d’un mois, il lui avait tout repris mais ce n’était pas sa seule déconvenue. Samira était perdue. Elle ne savait que faire. Elle avait essayé de recoller les lambeaux de leur relation, rien ! Elle s’interrogeait. Devrait-elle reprendre son ancienne vie et jeter au lieu d’être jeté ? Devrait-elle continuer à croire en l’existence, d’un amour vrai et durable ? Devrait-elle se tourner vers le sexe opposé avec qui elle savait pouvoir trouver du réconfort ? Ou tout simplement bannir le mot amour de son vocabulaire ? Comme toutes les femmes après une déception, elle choisi la dernière.

Samira passait ses journées à narguer les hommes. A les blesser dans leur amour propre  et leurs sentiments. Affichant son visage poupin et insouciant pour dire qu’elle n’en avait cure. Mais ses draps étaient inondés, inondés de larmes et de pourquoi. Inondés d’images de lui, d’images de sa chute. Elle avait mal.  Un malheur n’arrivant jamais seul, son père perdit son emploi. La situation critique dans laquelle elle se trouvait la fit passer par une période dépressive. Des envies d’addiction à l’alcool et la cigarette lui passaient par la tête, elle cherchait un moyen de tout oublier. Dans l’alcool ! Samira se renferma sur elle-même. Souhaitant une fin rapide de ce calvaire, ou la mort. Seul son confident et meilleur ami la soutenait. De par des paroles fortes en sagesse et en recours biblique Ange la rassurait. La calmait ou même pleurait avec elle quand il le fallait.

Il était là pour elle. A tout moment, à toute heure. Il veillait à ce qu’elle ne s’autodétruise pas. Il la soutenait financièrement certes, mais aussi moralement.

C’est tout naturellement qu’un mois après sa rupture, Samira s’était mise à flirter avec Ange. Pendant deux mois de relation, le fantôme de son échec les hantait. Elle avait peur de trop s’investir. Elle avait peur d’y laisser encore des plumes. Ce n’était plus raisonnable cette obsession de l’échec. Cette peur de ressentir cette peine insoutenable. Peu à peu néanmoins, il su la rassurer, la mettre en confiance. Au bout de deux mois, Samira repris pieds. Ange lui apportait continuellement son soutien, sur tous les plans. Il réussissait  à lui faire prendre conscience d’elle. Il la rassurait et la conseillait, lui faisant comprendre  que malgré  le chômage de son père, elle devrait rester forte. Samira était bien avec lui. Elle n’avait plus l’obsession de se marier a tout  pris. Elle n’avait plus de pulsion sexuelle. Samira se sentait bien avec ange. Et elle le lui rendait bien. Elle avait repris confiance en elle et put finir son mémoire de fin d’étude. Elle était bien dans peau, mais aussi bien dans sa tête. Elle avait changé. Sa déception, le chômage de son père, les difficultés pour terminer son mémoire et la difficulté de subsistance dans ce pays étranger l’avaient forgée. En plus de ces expériences et de sa maturité acquise, Samira avait trouvé l’amour. L’important dans la vie, ce n’était pas de ne jamais tomber, mais seulement de savoir se relever lorsqu’on tombait.

Elle ressortait de ces quatre années avec un délicieux parfum de jasmin qui embaumait sa vie. C’était à présent à elle de savoir se servir de ses frasques pour dessiner son avenir.

SHANNEN RIMPHREY

TRADUIRE LE BLOG DE YEHNI DJIDJI

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