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MON PREMIER LIVRE INDIVIDUEL, UNE PASSION INTERROMPUE, PARAIT BIENTÔT AUX EDITIONS BALAFONS.....

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dimanche 18 mars 2012

GRAND PRIX PLANETE JEUNES DE LA NOUVELLE

 7ème Grand Prix Planète Jeunes : 1er mars 2012 à 00h00min - 30 avril 2012 à 23h59min 

Depuis 2006, Planète propose chaque année à ses lecteurs d’exercer leurs talents d’écrivains en herbe. Cette année, c'est l'écrivaine ivoirienne Fatou Keita qui parraine le Grand Prix. Pour participer, il suffit de se munir d’un stylo ou de s’installer devant un ordinateur pour écrire la suite de ce récit “concocté” par l’illustre écrivaine ivoirienne. "Remue-ménage au zoo !" Les cinq meilleurs textes seront publiés dans Planète Jeunes. 

Le Grand Prix : 200 000 Fcfa et un trophée pour l’auteur de la meilleure nouvelle. Un diplôme, des livres, CD et clés USB seront attribués aux autres auteurs des récits publiés.

Conditions de participation : Avoir moins de 25 ans au 31 décembre 2012. Envoyer son texte avant le 30 avril 2012. Le texte devra comporter moins de 1500 mots. 

Différents modes d’envoi : par courrier manuscrit (à la main, à l’encre noire, avec une écriture bien lisible) ou tapuscrit (tapé sur ordinateur) et envoyer à : Planète Jeunes, « Grand Prix de la nouvelle » 5 boulevard du Général de Gaulle 92120 Montrouge, France. Le taper sur Word, le copier et coller sur le formulaire prévu à cet effet sur le site www.planete-jeunes.org . Par mail à : grand-prix@planete-jeunes.org

Très important : n’oublie pas de mentionner très clairement : ton nom, ton prénom, ton âge, ton adresse ou ta boîte postale, un numéro de téléphone où on peut te joindre. 

Sélection : La rédaction de Planète Jeunes et les membres du jury sélectionneront 20 textes parmi lesquels Fatou Keïta choisira le Grand Prix et les quatre autres textes qui seront publiés. 

Site manifestation : www.planete-jeunes.org Facebook : Planete Jeunes Twitter : @planetema


vendredi 16 mars 2012

RUMEURS URBAINES

Mon article paru dans l'Intelligent d'Abidjan du 14 Mars 2012.


En Côte d’Ivoire, les rumeurs naîssent, grandissent, enflent même, et on a bien du mal à identifier la part de vérité qu’elles contiennent avant qu’elles ne disparaîssent. Elles se répandent comme une traînée de poudre. Quiconque veut remettre en cause la véracité de l’histoire, trouve toujours quelqu’un pour soutenir mordicus que l’oncle du cousin de l’ami d’une amie l’a vécue personnellement. Pendant les conflits armés et les moments de crises politiques surtout, on en reçoit des messages via internet et nos téléphones. «L’eau de la SODECI est empoisonnée. Ne buvez pas !». «Ne sortez pas avec votre carte d’électeur, il y a des gens qui les déchirent.» 
Bien entendu, il y a le très classique : « Faites vos provisions, la crise n’est pas encore finie. Il paraît que X veut attaquer.» Automatiquement tout le monde se précipite dans les marchés et les supermarchés. Quand il n’y a aucune attaque, personne n’ose se plaindre d’avoir fait des provisions pour rien. On est trop heureux « d’échapper» à un nouveau conflit armé…Surtout les commerçants de denrées alimentaires qui voient leur stock diminuer en un temps record. 

Il y a quelques jours, c’était l’histoire d’un taxi qui affolait Abidjan. Ah, le numéro 2055FK01…Qui ne le connaissait pas par cœur ? Qui ne l’avait pas dans son téléphone ? 

«2055FK01, c’est le matricule d’un taxi-compteur. Attention, il est armé». 

Psychose, méfiance ! Plus de taxis-compteurs jusqu’à nouvel ordre. Quand on est forcé d’en emprunter, on note bien le numéro de la plaque. On reste aux aguets, prêt à sauter du véhicule en marche au moindre mouvement suspect du chauffeur. 

Aux dernières nouvelles, on aurait identifié et immobilisé le véhicule. Le taxi serait donc sous les verrous,… et non le taximan. On se demande bien à quoi cette prise servirait si ce n’est à permettre à l’assassin, toujours en cavale, de changer de véhicule pour opérer? 

Une fois la frayeur passée, le moment d’indignation sur « ces gens qui tuent leur prochain sans vergogne» surmonté, on est déconcerté par la simplicité avec laquelle on peut faire du mal à son prochain dans ce pays. En effet, il suffit d’écrire le numéro matricule de quelqu’un dans un message et de le balancer à des inconnus en y accolant des mots comme «grand violeur, tueur sanguinaire, un assassin armé, faites attention à lui», pour que tous le perçoivent comme tel. Quelle preuve y a-t-il que ce conducteur n’est pas victime d’un complot ourdi contre son activité ? 

En attendant la réponse à ces questions, j’ai reçu un autre message. Cette fois ce sont deux hommes et une femme à bord d’un véhicule deux portières immatriculé 8923EL01 qui dépouillent. On se refera peur, on se méfiera à nouveau…pour un temps. Rien ne sera fait, ou alors pas grand-chose pour savoir la vérité…jusqu’à ce qu’un jour on reconnaisse le numéro de notre propre véhicule dans un SMS...

jeudi 15 mars 2012

LES PETITES HISTOIRES DE YEHNI N°16

Quoi? Deux petites histoires  ce mois-ci ? Oui, le 12 Février, nous étions encore dans la spirale CAN2012. Il n'y a pas eu de petites histoires de Yehni. J'en publie donc deux ce mois-ci. 

TEL PERE... 

Il n'y a pas vraiment de différence entre l'odeur de la chair humaine qui brûle, et celle des moutons que l'ont passe au feu pendant les fêtes de tabaski. C'est la même odeur âcre, qui irrite la gorge et provoque un haut-le-coeur.
Comment pouvait-il penser à son enfance alors qu'il était sur le point de mourir ? Était-ce donc cela, cette fameuse vie qu'on était censé voir défiler avant de passer de vie à trépas? Il se revoyait déambulant dans les rues du vieux Bassam avec ses amis, traîner dehors pendant des heures et des heures, nourrissant le secret espoir de se faire gronder, une fois à la maison.

 « Tu es stupide comme ton père ! » 

 Cette phrase Zacharie l’avait entendu des centaines de fois. Pourtant, il n’avait jamais vu son père.  Il ne l'avait jamais serré dans ses bras. Il ne s'était jamais assis sur ses genoux. Il ne l'avait jamais vu en photo. Il ne connaissait même pas son nom. Il savait seulement, qu’ils avaient un point commun, un héritage qui les unissait : la stupidité. Sa mère le lui balançait à la figure à chaque fois qu’il commettait une bêtise. 

Plus jeune, il avait naïvement crû que la mention « inconnu » sur son extrait de naissance était le nom de son père. Alors un jour en classe, il avait fièrement répondu : « Ma mère s’appelle Reine Ségui et mon père s’appelle Inconnu » quand la maîtresse lui avait demandé le nom de ses parents. Personne ne fut assez méchant pour lui enlever son innocence ce jour-là. Mais bien plus tard, il découvrit de la plus dure des manières, que « Inconnu » n’était pas un nom propre,  ce qui n'était pas le cas de « Bâtard ».

Quand il posait des questions à ses tantes ou ses oncles, il avait juste droit à des " tu es trop petit pour parler de ces choses-là." 

A mesure que le temps passait, Zacharie compris que pousser sa mère jusqu'à l'énervement était le seul moyen pour lui de l'entendre parler de son géniteur. Il avait remarqué que, à chacune de ses incartades, il en apprenait d'avantage sur lui. Plus la faute était grave, plus le sermon était long, et les informations juteuses. Il avait soif de savoir qui était son père et il buvait les injures de sa mère. Il mourait d'envie de connaître les raisons de son abandon...parce qu'il devait avoir des raisons. On ne laissait pas une femme et un enfant sans explications valables. Sa mère bien que coléreuse était très belle et Zacharie lui-même était intelligent et studieux. Il fallait absolument un motif pour que son père ait abandonné une famille aussi modèle. 

 Un verre cassé : « tu es comme ton père, tu détruis tout ce qui a de la valeur.». Une leçon mal sue « Tu es stupide comme ton vaurien de père ». Un tapis tâché « tu ne peux pas faire attention ? Tu es maladroit comme ton père ». Il s’adonna au vol, histoire de voir quelles informations il pourrait en retirer. « Tu es un petit voleur comme ton père, ce sale repris de justice. Tu veux finir comme lui, c’est ça ? »
Il essaya l'alcool "sale ivrogne, tu vas finir dans un caniveau comme ton père". Son père était-il mort dans un caniveau après une nuit bien arrosée?

Et Zacharie avait continué à aligner menus larcins, délits, crimes sans savoir que sa mère n'avait elle-même aucune idée sur l'identité de celui qui l'avait droguée, violée, et mise enceinte au cours d'une fête au lycée.  Attribuer tous les maux du monde à cet inconnu était sa façon à elle d'exprimer sa colère, de tenter de surmonter son traumatisme. Elle luttait ainsi contre les sentiments contradictoires qui l'habitaient lorsqu'elle voyait son fils, le fruit de cette abomination, moitié elle, moitié diable.

"Toujours pour le voleur, un seul jour pour le propriétaire" dit l'adage. Zacharie et ses complices s'étaient fait prendre la main dans le sac alors qu'ils tentaient de cambrioler une villa. Visiblement, ceux qui les avaient surpris n'avaient pas l'intention de les conduire au commissariat. Il était incroyablement calme malgré les coups reçus. Était-ce dû à la drogue qu'ils avaient consommée avant de venir accomplir leur forfait? Il avait l'impression que ce n'était pas lui qu'on était entrain d'enserrer dans des pneus superposés. L'odeur d'essence, les cris. Les cris de la foule en liesse, les cris de ses complices devenus des torches humaines déchiraient l'atmosphère.. La foule réclamait du sang...
"Est-ce que voleur a pitié ? Tuons-les !"
"Ils vont payer pour tous ceux qui ont volé ici auparavant"


Quand il vit la flamme danser au bout du briquet allumé, il se demanda si son père avait déjà été dans cette situation...s'il serait fier de lui.

photos: http://samia-zik.skyrock.com 

mercredi 14 mars 2012

LE GRAND CARNAVAL DES ENFANTS


Le grand Carnaval des enfants est un évènement qui implique et concerne tous les enfants de 3 à 14 ans issus des établissements du District d'Abidjan autour du thème de la salubrité : "la salubrité en milieu scolaire".

lundi 12 mars 2012

LES PETITES HISTOIRES DE YEHNI N°15

LA RENCONTRE

Je ne l’ai pas reconnu. Peut-être était-ce son visage émacié, ses cheveux qui pendaient mollement sur son visage comme une vieille serpillière effilochée, ses vêtements défraichis, sales. Je ne l’ai pas reconnu. Et pourtant, il m’a plusieurs fois appelé par mon nom. « Laura ! Laura ! » 

J’ai serré un peu plus mon sac entre mes mains. Et si c’était un voleur ? Le visage qui me souriait en me montrant des dents noircies par endroit ne m’évoquait rien. Il me faisait plutôt peur. Il avait l’air d’un fou. Si l’endroit était désert, je me serais sans doute enfuie. Mais le flux régulier de personnes qui déambulait dans la rue me donnait l’illusion d’être protégée. Il me regardait, les yeux hagards et je me demandait s'il me voyait vraiment. Il semblait vouloir observer quelque chose, derrière moi...mais à travers mes yeux.

« C’est moi, Oscar ! » 

Oscar ? Oscar ! Cela me revient. Des bribes de mon enfance, des pans de vie que l'on ne croise qu'au détour d'un effort de mémoire. C'est si loin. Les nombreuses cérémonies de remises de prix au collège de la sous-préfecture, où il était félicité publiquement. Les occasions que le directeur ne ratait jamais de le donner en exemple, lui, la bonne graine qui devait à coup sûr donner un beau et gros fruit. Que lui est-il arrivé pour que le fruit ait l’air avarié, rongé par un gros ver ? La question m’irrite la gorge, me brûle le palais, tente de forcer la barrière de mes lèvres, mais je me retiens. Ce n’est pas une question à poser. « La vie ! », il répondra sans doute. Ce jeu d’échec où l’on perd, ou gagne, où rien n’est joué d’avance.

Entre le pauvre et le riche, il n’y a qu’un seul coup du sort, une seule carte posée au mauvais moment. A quoi bon l’écouter dire laquelle ? Un silence gêné s’installe.

Je n’ose pas lui faire la bise. Il n'a pas l'audace de m’imposer cette crasse dans laquelle il baigne. Ses ongles sont sales. Regrette-t-il de m’avoir hélée ? Il reste là avec ce sourire niais, ce regard lunatique. Je sens une main sur mon épaule, large, rassurante, ferme…propre. 

« ça va chérie ? » 

Je ne peux qu’acquiescer. Une main dans la poche de son jeans, mon époux semble attendre la réaction d’Oscar. Prêt à lui tendre un petit billet si c'est un mendiant ou à lui envoyer son poing dans la figure, s’il se montre belliqueux.

Un gardien en uniforme sort du magasin, une grosse matraque noire à la main. Il s'élance à la poursuite d'Oscar qui détale déjà comme un lapin.
-Qu'est-ce qui se passe? demande mon mari. Ce gars est dangereux ?
-C'est un fou monsieur !  Il passe son temps à répéter "Laura ! Laura ! C'est moi Oscar" à toutes les femmes qu'il rencontre. Il n'est pas agressif, mais il fait peur aux clients.

Mon mari me serre un peu plus contre lui. Il est devenu encore plus protecteur depuis qu'il sait que je suis enceinte. Avant, il n'aurait jamais accepté de faire plus de 250 km en voiture, juste parce que j'avais envie de rendre visite à ma mère au village.
"-Heureusement qu'il ne t'a rien fait !" murmure-t-il.

J'ai la gorge toujours nouée. Je ressens une crampe dans mon estomac, une douleur lancinante dans ma tête. Les souvenirs remontent à la surface, alors qu'il me conduit doucement vers la voiture. Les balades au clair de lune avec Oscar,main dans la main, les slows pendant les soirées dansantes, bouche contre bouche, les caresses, le pacte de sang…sa trahison. 

« Par nos sangs mêlés, tu es à moi et moi à toi, pour la vie. Que celui qui ce pacte détruit, soit frappé de folie… »

INVITATION AU 43 EME CAFE LITTERAIRE DE POINT DE LECTURE

Un mois de vacances, un mois de coupe d’Afrique des nations, et revoilà les activités de promotion du livre et de la lecture de POINT DE LECTURE ! 

Le 43ème Café littéraire marque la reprise de leurs activités pour 2012. 
Date : Jeudi 22 mars 2012 prochain
Lieu : Musée Municipal d’Art contemporain de Cocody, sis dans la cour de la mairie de Cocody, à Cocody Centre 
Heures : 16 heures 30 minutes à 18 heures 30 
Auteur invité : Boa Thiémélé Ramsès Livre : La Sorcellerie n’existe pas, essai, 142 pages, Abidjan, Cerap 

« Révolté à la fois par la soumission collective à l’idéologie de la sorcellerie et par les effets pervers de cette même croyance, j’ai voulu exercer mon droit à la révolte ». Boa Thiémélé Ramsès : La Sorcellerie n’existe pas, P. 9. Entrée gratuite, vous y êtes cordialement invité. 

Contacts : 08 12 12 27 (Koffi Koffi), 07 46 69 99 (Henry N’Koumo).

vendredi 9 mars 2012

SALIR PAR CHARITE

Mon article paru dans l'intelligent d'Abidjan du Mercredi 07 Mars !


Il y a des pancartes assez cocasses que l’on rencontre quand on parcourt la ville : «Interdit de jeter les ordures ici, sous peine d’amandes.» Quand amende avec un «e» devient amande avec un «a» le «jeteur d’ordures» est en droit d’exiger du «poseur de pancarte» qu’on lui remette un bon sachet d’amandes pour la peine qu’il s’est donnée. Et puis, il y a l’ambiguïté même du message. «Interdit de jeter les ordures ici». Ici ? Sous la pancarte ? Devant ? Derrière ? Tout autour ? 

La réponse à la question importe peu. Le manque d’hygiène est entré dans nos mœurs. Il est devenu trop contraignant de jeter ses détritus dans une poubelle, de ne pas soulager une envie pressante dans la rue. On pousse l’audace jusqu’à justifier nos actes : «Si on ne jetait pas d’ordure dans la rue, les vieilles balayeuses n’auraient pas de travail, donc pas d’argent.» Polluer la ville, serait donc un acte charitable à l’égard de ces pauvres femmes qui sont souvent réduites à la mendicité quand leur employeur traîne les pas pour régler leur salaire. Quel altruisme ! Quelle abnégation… Quel mensonge ! 

La saleté ne nous gêne plus. On la crée, on la cajole, on l’alimente, on la côtoie. Elle est devenue notre élément naturel. En plus, nous exportons notre expertise à l’étranger. Quand nous partons en voyage, on nous identifie par cette propension à ne pas être soucieux de la propreté de notre environnement. Le trottoir n’est pas le cimetière des mouchoirs usagés, des coques d’arachides, des épis de maïs…. Contrairement à ce que certains pensent, les détritus que l’on jette par la fenêtre d’une voiture en marche ne se désagrègent pas dans l’atmosphère. Ils restent là et enlaidissent le sol. 

«Les Ivoiriens sont sales. Les Ivoiriens sont sales. Les Ivoiriens sont sales». Cette injure ne nous émeut pas. Elle ne nous émeut plus. D’ailleurs, est-ce encore une injure ? Si certains sont «noirs et fiers», nous sommes probablement «sales et fiers». Le ministère de la Salubrité urbaine essaye de faire changer les choses en combinant action, sensibilisation et répression. Une Brigade de la Salubrité Urbaine a même été créée. Mais cela suffira-t-il à changer les mauvaises habitudes ? 

On raconte l’histoire d’un monsieur qui, fatigué de voir sa propriété bafouée, souillée, a écrit ceci sur sa pancarte : «Féticheur, recherche ordures pour sacrifices. Venez jeter vos saletés ici». L’extraordinaire propreté de son terrain après cette initiative donne matière à réfléchir sur les moyens efficaces pour sensibiliser la population ivoirienne. 

jeudi 8 mars 2012

LA FEMME N'EST PAS UN SOUS-HOMME !


Aujourd’hui c’est la journée internationale de la femme. Je n’avais pas prévu d’articles pour marquer l’évènement, jusqu'à ce que quelques personnes m'interpellent. Tous les jours je suis une femme... enfin, je crois, puisque Simone de Beauvoir a dit : « on ne nait pas femme on le devient ». 

Comment devient-on femme ? Certainement, en sachant se fondre dans le moule que la société, la morale et la bienséance ont façonné pour ce genre. Devenir femme, dans beaucoup de région de ce monde qui se veut évolué et civilisé, c’est subir avec grâce, s’effacer avec panache, souffrir en silence, peu importe la couleur de la peau. Citadines ou villageoises, les pratiques surannées ont la peau dur. 

On nie à la femme une existence qui lui est propre. Elle doit être la fille de..., l'épouse de..., la mère de..., toute sa vie, sinon elle n'a pas de valeur. Aujourd’hui encore la femme qui n’est pas marié après un certain âge est réputé avoir râté sa vocation, parce que si la femme a été crée, c’est bien pour servir l’homme. 

Servir ? La religion et sa politique de la « soumission » est le nouveau fer de lance que même les paiens utilisent pour arrimer solidement dans les esprits ces croyances traditionnelles de la femme, sous-homme…

Soumission, oui ! Esclavage Non ! Il s’agit d’un échange de bon procédé. Soumission, contre amour déclarent les livres saints. L’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté, disait Emile Rousseau. La soumission a un homme qui nous aime profondément, sincèrement, n’est ni contraignante, ni avilissante. 

Dire que quelqu’un est stupide ne nous rend pas plus intelligent. Dire que la femme ne vaut rien, ne donne en aucun cas plus de valeur à l’homme. Nous traiter de « sexe faible », ne rend pas l’homme plus fort. 

mardi 6 mars 2012

CUMUL DE POSTE : EXCES DE ZELE OU DON DE SOI ?

La note de Yehni Djidji, parue en janvier dans le 1er HS de Caric-Actu.  Le second HS arrive bientôt ! 


 De tout temps, la gabégie a été décriée par les opposants Ivoiriens. Mais une fois au pouvoir ils jouent aux amnésiques. Il faut croire qu’il y a un mystère dans l’exercice du pouvoir qu’on ne peut percer que lorsqu’on le détient. Le groupe espoir 2000 le disait dans une de ses chansons : « le même gars, il est ministre, député-maire, souvent même président ! A lui seul, il veut gérer tout ça ! Même chauffeur de Gbaka, il a apprenti » ! Pourrait-on mieux dire ? Il y a des gens qui ne peuvent voir un poste de responsabilité sans le convoiter. Ils veulent tout faire, tout être et tout gérer. Ministres, députés, maires, président de conseils régionaux, c’est sûr qu’ils ne cracheraient pas sur les titres de chefs de cantons et chefs de villages si l’occasion se présentait. Certains parlent de don de soi démesuré. « Ils veulent tellement aider leur communauté ! ». Comment mieux aider sa communauté qu’en encourageant les autres cadres à se mettre au service de la localité ? Il n’est pas donné à tous de pouvoir suivre 4 lièvres à la fois. Il est préférable d’occuper un seul poste et d’assurer une bonne gestion des tâches, que de vouloir briguer deux, trois, quatre titres et se retrouver avec un bilan tendant vers moins l’infini. J’ai quand même du mal à en vouloir à ses personnes gourmandes. En effet, c’est aux organes en charge de l’étude de la candidature de rejeter les dossiers de ce genre de candidats. Mais comment jeter la pierre à ces organes, s’il n’y a aucune loi interdisant qu’on brigue et assume plusieurs postes. On est libre d’être politiquement égoïste et gourmand dans un pays où cela n’est pas interdit par une loi. La gabégie s’installe, il faut songer à stopper l’hémorragie et à rajeunir le paysage politique ivoirien. Ce n’est pas la vieillesse de la marmite qui rend la sauce bonne mais la compétence culinaire de la cuisinière. 

Observations : travail statique du côté négatif de la règle graduée, à l’avenir, tenir compte des remarques précédentes.

jeudi 1 mars 2012

LE PRIX DE LA GRATUITE

Article paru dans l'Intelligent d'Abidjan d'hier.

Dès son accession au pouvoir, le président Alassane Ouattara a adopté des mesures pour alléger la souffrance des Ivoiriens. L’une des plus saluées a sans aucun doute été celle liée à la gratuité des médicaments et des soins, une chose à laquelle aucun Ivoirien ne s’attendait véritablement. 

La santé n’a pas de prix, dit-on, alors si l’adage s’applique littéralement, c’est encore mieux. Sans contrainte ni chagrin, malades et…hypocondriaques, ont pris d’assaut les hôpitaux publics, désireux d’épuiser totalement leur forfait « soins gratuits ». 

Qui a dit que le noir n’aime pas la médecine des blancs et préfère les remèdes traditionnels ? Il fallait voir les longues files dans les salles d’attente. Adieu…ou A bientôt, écorces, racines, feuilles, décoctions, infusions, sans posologie fixe. On a vu des familles en visite médicale, que dis-je, en excursion médicale au centre de santé. 

Cependant, au fil des dérives et insuffisances observées, la gratuité a malheureusement pris des allures de cadeau empoisonné. « Je n’ai jamais pu bénéficier de la gratuité. Les rares fois où je me suis rendu au CHU, il y avait une pénurie des médicaments dont j’avais besoin, ou alors les appareils étaient en panne», pouvait dire un internaute. Et il n’est pas le seul à partager cet avis. 

Aujourd’hui, 9 mois plus tard, la gratuité totale des soins fait place à la gratuité ciblée. Elle concerne à présent : l’accouchement et les complications afférentes, la césarienne, le traitement des pathologies les plus fréquentes chez les enfants de 0 à 5 ans, les urgences médico-chirurgicales au niveau de toute la pyramide sanitaire et la prise en charge du paludisme. Les autres ont droit à un abattement de 30% sur la tarification des actes dont le coût est supérieur à 1000 F CFA. 

Les avis sur le nouveau visage de la gratuité sont partagés. Tantôt on parle de mesure salutaire à cause des nombreuses difficultés liées à la mise en œuvre du projet (vols, détournements,…). Tantôt on évoque une démission du pouvoir et une incitation à la discrimination des malades. 

Contre toute attente, un troisième camp jaillit dans ce débat dichotomique pour se gausser de ce qu’il appelle un échec cuisant de l’économiste dû au fait que l’idée de gratuité des soins ait été volée à un autre candidat en lice, lors des élections présidentielles. La sensibilité politique s’invite vraiment dans les endroits les plus inattendus, suscitant toujours des questions légitimes sur les motivations des uns et des autres : le bien de la patrie, celui d’une classe politique ou d’un homme !

TRADUIRE LE BLOG DE YEHNI DJIDJI

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